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par Bertrand Hugonnard-Roche
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    Coll. Bertrand Hugonnard-Roche


    Voici une petite anecdote qui vaut bien des heures d'enseignements à l'école de la librairie ancienne en pays de Bibliopolis !

    Il y a de cela quelques mois, j'achète à un autre libraire un exemplaire de La Société mourante et l'Anarchie de Jean Grave avec une préface d'Octave Mirbeau. Edition originale de 1893 publiée chez Tresse et Stock. Le vendeur précise dans sa notice : "Tiré à part, un des 10 exemplaires sur papier de Hollande (n°10). Broché. Mon sang ne fait qu'un tour. Commande est passée. Le prix demandé est assez bas. Trop bas sans doute ... Je reçois le volume. Broché assez frais, le dos et la couverture rouge sont en très bon état. J'ouvre le volume. Surprise ! Mais ce n'est pas du Hollande ! Le papier est un papier ordinaire, assez teinté, limite cassant, comme pour tous les tirages ordinaires de la maison Stock à cette époque. Le volume sort de l'imprimerie d'Emile Colin à Lagny. Je continue à tourner les première pages : faux-titre, titre. Au verso du titre : la justification (voir photo ci-dessus - celle de gauche). Il est bien indiqué qu'il a été tiré à part de cet ouvrage sur papier de Hollande, dix exemplaires numérotés à la presse. L'exemplaire porte bien, numéroté à la presse, le n°10. Mais ce n'est pas un papier de Hollande. Quid ? Me voilà très interloqué. Je suis en présence d'un exemplaire numéroté à la presse (un examen à la loupe de la numérotation indique bien qu'il ne s'agit pas d'un numéro apposé plus tard sur l'exemplaire, mais bien d'une numérotation au moment de l'impression. Me voilà bien embêté ! Que faire ? Renvoyer l'exemplaire au libraire qui m'a vendu un exemplaire ordinaire pour un exemplaire sur Hollande ? Pourtant la numérotation est bien là. Je décide de conserver l'exemplaire. Pour étude. Me voilà comme la fosse.
    Je n'aime pas rester dans le doute de la sorte. Je décide donc de partir à la chasse à La Société mourante et l'Anarchie de Jean Grave avec une préface d'Octave Mirbeau, dition originale de 1893, publiée par Stock. Le hasard fait que j'en déniche un autre chez un autre libraire. Même édition, même condition (broché), même tirage : un des 10 exemplaires sur Hollande !!! Non, décidément, y'a un truc ! Je commande l'ouvrage. Je le reçois. J'ouvre le volume : je découvre la même chose. Exemplaire portant le n°10 ! soit disant tiré à part sur Hollande. En réalité sur papier ordinaire (voir photo ci-dessus - celle de droite). Quid ? Me voilà interloqué (bis).
    Que conclure ?
    Qu'il ne fait aucun doute qu'il y a supercherie ! A quel niveau se situe-t-elle ? Est-ce l'imprimeur qui a numéroté par erreur au moins deux exemplaires "n°10" sur "Hollande" (qui ne sont que des exemplaires ordinaires) ? Cela a-t-il été fait sciemment ou par erreur ?
    Si j'ai pu dénicher 2 exemplaires identiques présentant les mêmes caractéristiques trompeuses, il doit en exister d'autres, c'est plus que probable.
    Un des 10 exemplaires sur Hollande ! Cela aurait été trop beau ... mais nettement moins instructif. En Bibliopolis on apprend de ses erreurs, mais également de celles des autres. A moins qu'il y ait eu un margoulin typographe chez l'imprimeur Emile Colin à Lagny .... voire deux !

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne

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    Couverture imprimée en vert
    de l'édition Liseux de 1883
    [A propos de Restif de la Bretonne et de ses œuvres, par Octave Uzanne.]

          C'est lamentable à proclamer, mais ce sont les meilleures et les plus curieuses tentatives de librairie qui échouent le plus souvent. Voici, par exemple, sur ma table un ouvrage sans égal en son genre, et digne de passionner une génération moins ahurie par la fièvre des jouissances hâtives que la nôtre. Je veux parler de Monsieur Nicolas ou le cœur humain dévoilé, mémoires intimes de ce Restif de la Bretonne dont tant de gens parlent au hasard et que si peu connaissent.
          Un éditeur qui est, à mon sentiment, l'honnête homme le plus désintéressé de l'heure actuelle, et qui eût reçu des témoignages publics d'estime à Sparte pour son érudition profonde et la philosophie de son existence ; un extravagant de sagesse qui aurait dû vivre au temps des Saumaise, des Beyle et des Ménage, M. Isidore Liseux a songé à réimprimer Monsieur Nicolas (1)sur l'édition unique et rarissime publiée par Restif même en 1796. Cet ouvrage original en 16 volumes se vendit dernièrement jusqu'à cinquante louis, mais sa cherté provenait d'autre source que de sa rareté. Restif dans ces volumes a écrit la confession la plus admirablement cynique que l'on puisse rêver ; c'est un Diogène bourguignon qui a roulé son tonneau dans tous les milieux du XVIIIe siècle et qui s'y montre le plus terrible vivant que l'on puisse concevoir. L'international aventurier Casanova disperse bien davantage l'intérêt dans ses mémoires que monsieur Nicolas, imprimeur-auteur, lequel fixe l'attention principale sur la vie parisienne d'il y a cent ans.
          On pouvait croire que la réimpression d'un tel ouvrage ferait un bruit immense dans le Landerneau, des bibliophiles, et même il était sensé de penser que le vulgum pecus enlèverait avec une passion furtive de collégien l'édition sur papier ordinaire à 3 fr. 5o le volume. Il n'est aucun de nous qui n'eût escompté ce succès ; l'édition est remarquablement imprimée, d'une correction rare aujourd'hui, où les correcteurs se recrutent on ne sait comment, et où les publications de luxe sont plus émaillées de coquilles qu'une plage bretonne. (- Cette revue, hélas ! n'en est pas plus exempte que les autres. - ) Des notes concises éclaircissent le texte, l'orthographe fantaisiste de Restif est remise sur le chemin académique ; rien n'y boite et la lecture y est attrayante au possible ; il était donc permis de croire à un succès considérable ; cependant l'éditeur ne constate qu'un froid succès d'estime. Ce fait est absolument typique, aucun journal n'a parlé de Monsieur Nicolas et cette inépuisable matière à chroniquer n'a tenté aucun chroniqueur. Les Illuminés n'offrent plus d'intérêt, parait-il, pour les écrivains philologues du jour : Gérard de Nerval n'a point laissé de successeurs.
          Quelle superbe étude il y aurait à écrire cependant au point de vue psychologique sur Restif raconté par lui-même ! Un admirateur du docteur Charcot y retrouverait une expression de la névropathie au XVIIIe siècle dans une intensité bien supérieure à celle de tous les cas décrits jusqu'alors, car Monsieur Nicolas est un sujet hors ligne, un visionnaire comme on en voit peu, un exalté de satyriasis, un fou génial et délicieusement excentrique.
          Sait-on que Restif lui-même a pressenti le sort réservé à ses Mémoires ? Au tome VI, p. 36oo de l'édition originale, il dit « Où trouvera-t-on le cœur humain aussi bien, aussi véritablement peint que dans cette histoire Ah ! l'abbé Delille avait raison ! c'est un chef- d'œuvre mais c'est la nature et non l'auteur qui l'a fait !... Je puis dire comme Ovide : Exegi monumentum, et ce monument étonnera quelque jour. »
          Certes, il étonne, il renverse même, ce prodigieux monument ! - A le regarder dans son ensemble et dans ses détails il semble impossible qu'un homme l'ait échafaudé de sa propre existence. En dépit des figures extraordinaires que le siècle dernier a pu fournir à notre admiration ou à notre surprise, il n'en est pas de plus curieuse, de plus complexe, de plus vivante ; il ne s'en trouve pas d'aussi largement humaine que celle de Restif de la Bretonne.
          Je serais heureux de voir M. Liseux publier, en appendice dans le quatorzième et dernier volume (qui ne paraîtra guère avant quelques mois), une suite de notes sur les singuliers et spirituels néologismes de Restif, sur le nombre de ses bâtards, et même nous fournir un index alphabétique de toutes les femmes et filles mentionnées dans ces confessions uniques.
          Pour ma part, j'ai relevé plus de cent néologismes et surtout cent trente-cinq bâtards, dont seize garçons, quatre-vingt-quinze filles et vingt-quatre enfants de sexe non indiqué. Si l'on faisait un calcul d'économiste ou de statisticien, on arriverait assurément presque à prouver que les descendances de Restif furent assez nombreuses pour former tout un bataillon du premier Empire.
        
           J'aurai à revenir sur l'auteur des Nuits de Paris, car il est de ceux qui ne se laissent point oublier et qui ont trop semé leur vie dans leurs œuvres pour qu'un de leurs lecteurs aussi fervents que je le suis ne les retrouve pas très fréquemment au cours de la sienne. (*)

    (1) Monsieur Nicolas ou le cœur humain dévoilé, Mémoires intimes de Restif de la Bretonne. Paris, Isidore Liseux, 23, avenue d'Orléans. 14 volumes sur vélin à 3 fr. 5o. Sur papier Hollande, la collection 112 fr. Les dix premiers volumes sont en vente.

    (*) Vieux airs, Jeunes paroles, chronique par Octave Uzanne, article extrait de la revue Le Livre, Bibliographie moderne, livraison du 10 février 1884, pp. 68-69.

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    L'édition originale (in-12) et les éditions qui suivirent de l'Introduction à la Vie dévote sont très nombreuses. En l'espace de 11 ans, il y eut plus de 40 éditions en français. Un véritable best-seller religieux du début du XVIIème siècle. Néanmoins, beaucoup de ces éditions, pour ne pas dire toutes, sont devenues rares voire rarissimes.  L'ouvrage connut aussi de très nombreuses éditions après 1665 et la canonisation du saint.

    Tout d'abord, si on s'intéresse à l'édition originale [Lyon, Pierre Rigaud, 1609], on ne connaît que deux exemplaires : 
    • exemplaire de la Visitation d'Annecy
    • exemplaire de la Österreichische Nationalbibliothek, Vienne, Autriche.
    Cela explique donc que cet important ouvrage manque à toutes les collections autour de Saint François de Sales ! Rochebilière lui-même n'avait ainsi "que" des exemplaires de la seconde édition (1610), de Douai (1610), de Paris (1615), de Douai (1616) et une de Lyon (non datée) [voir Rochebilière, 21 à 25].

    Edition originale
    Exemplaire Visitation d'Annecy


    La collation précise de l'édition originale nous est inconnue. Perrin donne, en 1895, [24]-479-[11]p pour l'exemplaire de Vienne. L'exemplaire d'Annecy serait plutôt [24]-466-[12]. Il convient de noter que la pagination est fautive à partir de la page 432.

    Brunet ne mentionne que l'édition de l'Imprimerie Royale en 1641 (in-folio, la plus belle des éditions anciennes) et signale tout juste la première en 1608. L'édition originale est en effet imprimée en 1608 et mise en vente en décembre 1608 avec la date de 1609.

    1609A - Exemplaire Michel R.


    Dès 1609, une seconde édition [Lyon, Pierre Rigaud, 1609 ou 1610] est imprimée semble-t-il à trois reprises avant le 16 septembre 1609 puisqu'il en envoie un exemplaire au duc de Savoie (on connaît la lettre du 16 septembre 1609). Fabius Henrion les nomme 1609A, 1609B et 1610 deuxième. Cette édition est lacunaire car quatre chapitres de la première édition furent oubliés. Elle contient en revanche de nouveaux chapitres :
    • 1609A : Ce tirage possède sur sa page de titre la même gravure que l'édition originale
    • 1609B : La gravure du titre est changée.
    • 1610 deuxième : Même tirage que le précédent mais postdaté 1610. Rochebilière (21) possédait ce tirage qui était selon lui imprimé en 1609. Son exemplaire portait un ex-libris manuscrit daté de janvier 1610. Henrion dit le tirage assez défectueux. L'exemplaire que nous possédons permet d'éclairer cette affirmation. En effet, bien qu'imprimée sur un joli papier vergé, donc a priori édition soignée, certains feuillets sont mal imprimés.
    La collation de cette édition est connue : in-12, [24]-646-[14]p.

    1609B - Exemplaire Visitation d'Annecy

    1610 deuxième - Exemplaire Berger savoyard


    Le CCfr ne nous donne que 2 exemplaires pour 1609-1610 : 
    • Tolbiac, D-17433 (1610, troisième édition).
    • Tolbiac, Res P-D-39 (Arras, 1610, mention de seconde édition, édition qui semble copiée sur le seconde de Lyon avec une collation très similaire).

    Les exemplaires connus des toutes premières éditions sont donc (liste mise à jour au fur et à mesure des découvertes) : 
    • 1609 (1608)
      • Visitation d'Annecy
      • Österreichische Nationalbibliothek, Vienne, Autriche.
    • 1609A
      • Michel R. (Salomon Phélipeaux des Landes (1574-1655) avec sa signature ; Carmes déchaussés de Charenton, avec un ex-dono des Lendes (sic!) ; Raoul Baguenault de Puchesse ; Alde, 25 novembre 2015).
      • Bibliothèque de l'Université de Paris [1609A ou 1609B?]
      • British Library, Londres [1609A ou 1609B?]
      • Auguste Damex [1609A ou 1609B?]. Devait être présenté à une exposition en 1966 mais Damex est décédé cette année-là.
    • 1609B
      • Bibliothèque de l'Université de Paris [1609A ou 1609B?]
      • Visitation d'Annecy (exemplaire offert par Saint François de Sales au duc de Savoie)
      • British Library, Londres [1609A ou 1609B?]
      • Auguste Damex [1609A ou 1609B?]. Devait être présenté à une exposition en 1966 mais Damex est décédé cette année-là.
    • 1610 deuxième 
      • famille Furet, de Salins, en 1893 puis famille de Villard en 1935. Seul exemplaire connu selon Henrion, avec corrections de la main de Saint François de Sales. Il ne connaissait pas le catalogue Rochebilière.
      • Rochebilière, 21.
      • Berger savoyard. Contient quelques petites corrections (p.233, 385, 455, 464, 478, 594) mais qui ne semblent pas de la main du Saint. Une inscription latine d'époque sur la page de titre "Pro Capuciinis Aureliaens (?)" (pour les Capucins d'Orléans). Elle ne semble pas de la main du Saint non plus.
    • 1610 troisième 
      • Tolbiac, D-17433
      • Prince Chigi, Italie, en 1893. Exemplaire avec une inscription autographe.
    • 1611 troisième
      • ? présenté en 1966 et 1967 à une exposition à Thonon. Un seul exemplaire ou deux exemplaires distincts ?
    • 1610 Arras
      • Tolbiac, Res P-D-39
    • 1610 Douai
      • Rochebilière, 22
      • Montgermont, bibliothèque (médiathèque aujourd'hui ?).
      • ? présenté à une exposition à Thonon en 1967. Peut-être celui de Montgermont qui y fut présenté en 1966


    Nous sommes bien entendu preneur de toute information complémentaire sur le sujet, notamment les exemplaires qui nous sont inconnus.

    Le Berger savoyard


    Sources : 
    • Fabius Henrion, Introduction de Introduction à la Vie dévote. Paris, Mame & Droz, 1935.
    • Rochebilière, Catalogue de vente de sa bibliothèque, première partie. Paris, Claudin, 1882. n°21 à 25.
    • Saint François de Sales, Oeuvres. Annecy, imprimerie J. Niérat, 1893. Tome III.

    Remerciements :
    Michel R., bibliophile savoyard, propriétaire d'un exemplaire 1609A et qui a fourni l'essentiel des informations présentées ici.


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    Taille réelle : largeur 48 mm

    La question est assez simple, basique, simple, basique : je cherche à identifier de quel atelier typographique sort cet ornement et par là-même tout livre qui le contient. Ce cul-de-lampe fort "coquet" est suffisamment caractéristique pour ne pas passer à côté sans le repérer. Il se trouve ici dans une impression non située de 1781.

    Si vous le croisez, pensez à moi !

    Merci d'avance de votre collaboration.

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne

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    Copie d'écran DROUOT DIGITAL. 15 mars 2018.

    Lot 64. HISTOIRE DES QUATRE FILS AYMON très nobles et très vaillans chevaliers. Introduction et notes de Charles Marcilly. Paris, Launette, 1883. In-4, maroquin noir, encastrée dans le premier plat grande plaque d'or à émaux cloisonnés d'après une composition d'Eugène Grasset, dos à quatre doubles nerfs à l'imitation des reliures gothiques, large encadrement intérieur mosaïqué en bordeaux et décoré d'éléments dans l'esprit de l'illustration de Grasset, doublure et gardes de soie brochée bordeaux sur fond bleu, tranches dorées, double couverture et dos, boîte de maroquin brun en forme de livre, doublé de soie lie-de-vin (Ch. Meunier).

    Spectaculaire édition illustrée par Eugène Grasset des Quatre fils Aymon, version en prose d'une chanson versifiée du XIIIe siècle ayant pour titre Renaut de Montauban, et appartenant à la geste carolingienne. Imprimé pour la première fois à Lyon vers 1483-1485, le texte fut diffusé durant tout le XVIe siècle avant d'être repris, très modifié, au siècle suivant, devenant, et ce jusqu'au XIXe siècle, l'un des romans de chevalerie les plus populaires de la bibliothèque bleue, à l'inverse de Lancelot du Lac, par exemple, qui disparaîtra après l'édition de 1533.

    L'illustration d'Eugène Grasset, oeuvre immense de plus de 250 aquarelles qui le mobilisera plus de deux années, révélera les qualités de l'illustrateur, alors que ses dons d'ensemblier s'étaient déjà manifestés quelques années auparavant lorsqu'il créa des meubles et objets de décoration pour la maison de Charles Gillot, l'imprimeur du présent livre. Révolutionnaire par sa mise en page dans laquelle texte et illustration s'interpénètrent, l'édition l'est aussi par la technique de phototypogravure mise au point par Charles Gillot, et employée ici pour la première fois. Cette technique photographique (gillotage) permettait l'impression des gravures en couleurs et du texte en même temps. La complexité de la conception du livre, qui voulait que les pages soient toutes imprimées dans des couleurs différentes, nécessita plus de 900 planches.

    Célébré à sa parution pour son esthétique, sa mise en page et son procédé industriel, Les Quatre fils Aymon de Grasset fut classé parmi les plus beaux livres du siècle par le critique, éditeur et bibliophile Octave Uzanne et immédiatement adopté par les bibliophiles. Nombre d'exemplaires de luxe furent alors confiés aux deux grands maîtres relieurs de l'époque, Charles Meunier et Marius Michel, qui rivalisèrent d'imagination pour créer des reliures utilisant la technique du cuir incisé, laquelle, issue du XVe siècle, leur sembla particulièrement convenir à cet ouvrage célébrant le Moyen Âge.

    On peut citer aussi à ce propos l'étonnante reliure de Marius Michel ornée d'une plaque en étain repoussé, qui reproduit la composition de Grasset pour la couverture du livre, commandée par Henri Beraldi (IV, 1935, n°88) pour son exemplaire; celui-ci réapparut dans la bibliothèque Henri M. Petiet (IV, 1993, n°67). Tirage à grand nombre d'exemplaires sur papier ordinaire, munis le plus souvent d'un cartonnage d'éditeur illustré (tirage qui fut en grande partie détruit) et à 200 exemplaires de luxe, sur chine et sur japon. Celui-ci est un des 100 exemplaires sur japon (n° 7).

    Prestigieux exemplaire du grand bijoutier Henri Vever, orné d'une merveilleuse plaque d'or à émaux cloisonnés, exécutée dans ses ateliers par le maître émailleur Étienne Tourrette, d'après une aquarelle d'Eugène Grasset. Des bibliothèques Henri Vever et Henri Bonnasse (1980, n° 35). Premier exemple de collaboration entre Vever et Grasset, cette plaque de grand format (230 x 166 mm), signée Vever et portant les monogrammes d'Étienne Tourrette et d'Eugène Grasset, chef-d'oeuvre de l'émaillerie française de la fin du siècle, fut réalisée de 1892 à 1894 et présentée à l'Exposition du Champ-de-Mars en 1894 et à l'Exposition universelle de 1900. Elle est digne de tous les superlatifs. Elle est reproduite en couleurs dans Art et Décoration de janvier 1903, dans un article consacré à Grasset. 

    L'EXEMPLAIRE VEVER DES QUATRE FILS AYMON né de la rencontre de quatre personnalités qui marqueront l'histoire de l'Art nouveau. Henri VEVER (1854-1942), joaillier, directeur avec son frère Paul de la maison créée par leur père et devenue l'un des phares de la rue de la Paix. Bibliophile et grand collectionneur de tableaux, il participa dès 1892 aux dîners des Amis de l'art japonais de Siegfried Bing. Et c'est à partir de la vente, à la galerie Petit, de sa collection de peintures modernes et impressionnistes en 1897 qu'il se consacra pleinement à sa passion pour l'art japonais dont la vogue battait alors son plein. Praticien et marchand, Henri Vever fut aussi l'auteur de l'ouvrage de référence: La Bijouterie française au XIXe siècle, 1906-1908, 3 volumes in-4. En 1924, il fera don au musée des Arts décoratifs de sa collection, plus de 350 bijoux français du XIXe siècle, dont une soixantaine provenant de la maison Vever.

    Charles GILLOT (1853-1903), imprimeur et graveur-lithographe. Perfectionnant une invention de son père Firmin Gillot, il mit au point en 1876 le procédé de photogravure connu sous le nom de «gillotage» dont il déposa le brevet en 1877. Grand admirateur d'Eugène Grasset, il lui confia l'ameublement et la décoration d'une partie de son hôtel particulier dans les années 1880. C'est lui qui présenta Grasset à Vever dont il était l'ami et le guide pour ses acquisitions d'objets d'art japonais. Lui-même collectionneur, Charles Gillot avait surtout réuni un ensemble d'art japonais qui faisait l'admiration des connaisseurs, notamment celle d'Edmond de Goncourt: [la] collection japonaise la plus parfaite, la plus raffinée [...], c'est la collection de Gillot. Offerte pour partie au musée du Louvre, elle enrichit aujourd'hui le musée Guimet. Le reste de ses collections fut dispersé aux enchères en 1904, l'expert de la vente en était Siegfried Bing.

    Eugène GRASSET (1845-1917), décorateur et illustrateur, son style particulier allait marquer le Livre et l'Affiche. L'Histoire des quatre fils Aymon est sa première illustration importante. Sa rencontre avec Henri Vever s'avéra déterminante, ce dernier appréciant son vaste répertoire iconographique et ses compositions fortement influencées par l'art japonais. Il lui commanda la création d'une vingtaine de bijoux qui firent sensation à l'Exposition universelle de 1900, et restent aujourd'hui aussi fameux que ceux de René Lalique (1860-1945) qui créait depuis 1880 pour Vever des bijoux et des objets d'art. On rappellera à ce propos que l'un des alter ego de Vever rue de la Paix, Georges Fouquet, faisait lui appel au talent d'Alphonse Mucha. Une passion commune de l'art japonais unissait ces trois hommes. Sous la tutelle des deux marchands d'art Tadamasa Hayashi et Siegfried Bing (l'éditeur du Japon artistique), ils furent des collectionneurs passionnés d'objets d'art et d'estampes de la période Edo (1603-1868), particulièrement des oeuvres de Hokusai et Hiroshige. Ils se firent les hérauts du japonisme avec Philippe Burty (qui créa le mot en 1872), et, pour ne citer que les plus grands, Félix Bracquemond, les frères Goncourt, Théodore Duret et Claude Monet.

    Étienne TOURRETTE (1858-1924), maître émailleur parmi les plus grands. Possédant toutes les nombreuses techniques de l'émail (cloisonné, translucide, basses tailles, peint), il réutilisa celle de l'émail dit de résille d'or, technique très ancienne qui consistait en l'inclusion de feuille d'or entre les couches de l'émail pour lui donner un scintillement particulier. Étienne Tourrette fut l'un des grands artistes qui permirent aux bijoux Art nouveau d'exister, ces fantastiques «bijoux de peintre» ainsi dénommés pour rappeler la technique de la pose de l'émail, appliqué couche par couche au pinceau. Paul Richet, professeur à l'École des Arts appliqués, dans son article Les Émailleurs modernes au XIXe et XXe siècle (Revue Céramique, verre, émaillerie, mai 1936), a rapporté l'histoire et les vicissitudes de la fabrication de la plaque d'or de Vever pour laquelle Tourrette employa plusieurs techniques de l'émail. En effet, après plus de deux années de travail, celle-ci faillit se détruire en raison de la dilatation du métal, contrariée par le cloisonnement. Sa présence devant nous aujourd'hui n'est due qu'à l'art et à la ténacité de l'émailleur. Les destins croisés de ces quatre personnalités aboutirent ainsi à la création de cette oeuvre unique, pièce de qualité muséale. On a relié dans le volume divers documents: - L'aquarelle originale de Grasset pour la plaque de la reliure, ainsi que diverses gravures et photos de cette plaque. (reproduite page 45) - L'aquarelle originale de Grasset de la page 79. - Le menu illustré du dîner offert par ses amis à Eugène Grasset à l'occasion de sa promotion au grade d'officier de la Légion d'Honneur. - Deux lettres autographes signées d'Eugène GRASSET à Henri VEVER, datées du 1er octobre 93 et du 26 mars 94, dont l'une contient cet éloge: C'est avec la plus grande admiration que j'ai constaté la miraculeuse exactitude avec laquelle mon aquarelle a été reproduite et dont vous avez su faire une véritable oeuvre d'art à l'épreuve des siècles. - Une carte autographe signée d'Henri Vever. - Le prospectus illustré.

    On joint TROIS ESSAIS D'ÉMAIL: - Une plaque sur cuivre (77 x 57 mm), partie du décor de Grasset, Renaut de Montauban à cheval sur Bayard, sans la tête du cheval ni le pied du cavalier. - Deux plaques sur or à émail translucide (42 x 35 mm chacune), portant les titres Souvenirs et Heures.

    Estimation : 200 000 / 250 000 euros

    Nous donnerons ici le résultat de l'enchère.

    Etudes Binoche et Giquello.
    Vente du 29 mars à Drouot, Paris.

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    La famille Phélypeaux fut une importante famille de la noblesse dont les origines connues sont Jean Le Picard, cité en 1297. Phélypeaux était un surnom, devenu patronymique au XVe siècle. (Pour se rendre compte de l'importance de la famille, il suffit de se rendre sur la page Wikipedia consacré à la Maison Phélypeaux).

    Nous allons donc ici nous intéresser à un membre mal connu de cet famille, mort sans descendance : Salomon Phélypeaux (1574-1655), seigneur des Landes.

    Signature de Salomon Phélipeaux (livre de 1586)

    Signature de Salomon Phélipeaux (livre de 1609)


    Tout d'abord pour le situer la généalogie familiale, Raymond Phélypeaux d'Herbault et Paul Phélypeaux de Pontchartrain, tous deux secrétaires d'Etat, étaient ses frères. Ce furent d'ailleurs les deux premiers de la famille à avoir des places importantes, la famille étant encore à Blois dans les générations précédentes.

    Sur Salomon Phélypeaux en particulier, nous ne  connaissons que très peu de choses. Le site des archives nationales ne mentionne que peu de choses à son sujet. On trouve un document (Y//184-Y//187 - fol. 475) qui le dit conseiller du Roi aux conseils d'Etat et privé, demeurant à Paris rue Girard Bocquet (Beautreillis), paroisse Saint-Paul. Il s'agit d'une donation au profit de son neveu Paul Ardier, fils de Paul Ardier et de sa soeur Suzanne (décédée en 1651). Ce document a malgré tout un intérêt dans notre enquête sur Salomon : la donation concerne des biens à Charenton.

    Un autre document serait probablement très intéressant à consulter : son testament conservé dans les minutes du notaire Benjamin Moufle. A défaut de pouvoir le consulter - pour le moment -, on en devine en partie le contenu. 

    Introduction à la Vie dévote

     
    Diego de Stella


    En effet, nous avons déjà su identifier trois exemplaires provenant de sa bibliothèque : 
    • Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote. Lyon, Pierre Rigaud, 1609. (Bernard Brochier, vente Alde, 25 novembre 2015, n°8 ; Michel R. depuis).
    • Saint Jean Chrysostome, Homélies. Traduictes en françois, par François Joulet. Paris, Abel L'Angelier, 1608. (Frédéric de Janzé ; Edouard Rahir ; Henri Béraldi ; Michel Wittock, 6ème partie, vente Alde, 12 novembre 2015, n°22).
    • Diego de Stella, Méditations très-dévotes, de l'Amour de Dieu. Paris, Guillaume Chaudière, 1586. (Le Barbet depuis 2012). Cet exemplaire fut présenté lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1878.
    Saint Jean Chrysostome


    Ces trois ouvrages ont plusieurs points communs :
    • reliure en maroquin olive à décor de feuillages, exemplaire réglé.
    • reliure typiquement parisienne attribuée à l'atelier de Clovis Eve (le travail est particulièrement typique de Clovis Eve. Certaines fiches n'indiquent que "Atelier parisien", d'autres mentionnent clairement Eve - voyez l'ouvrage de la vente PBA, 14 février 2018, n°18).
    • sujet religieux.
    • inscriptions sur la page de titre.
    • traces de fermoirs en tissu fixés par perforation dans les plats (la photo ci-dessous vient d'un exemplaire dont nous ne pouvons affirmer la provenance vu que les pages de titre sont absentes).
    • un décor très proche des bords.
    Notre hypothèse est que tous les exemplaires correspondant à cette description ont été reliés par Clovis Eve pour Salomon Phélipeaux, probablement entre 1610 et 1620, et qu'ils furent ensuite légués par testament aux Carmes déchaussés de Charenton. Sur les huit exemplaires que nous avons identifiés, au moment de la rédaction de cet article, nous n'avons pu savoir une provenance ancienne que pour les trois exemplaires cités précédemment et qui confirment notre hypothèse, ou plutôt ne l'infirment pas.


    Exemplaire avec les fermoirs tissus conservés - BM Angers, Rés ST 0738



    Venons-en à ces inscriptions qui sont au nombre de deux : 
    • SPhélipeaux, signature que nous pensons autographe de Salomon Phélypeaux. Le S et le P sont l'un sur l'autre.
    • Ex lib. Conven. Charenton Carm. Discalce. Ex dono Dnj des lendes (sic!) 1655.

    Pour les deux exemplaires passés à la vente Alde, il ne fut pas remarqué ce qu'il était écrit sur ces exemplaires.
    En effet, pour l'exemplaire de Wittock, on attribuait bizarrement la signature à Louis Phélypeaux (1599-1684) qui se serait séparé de l'exemplaire avant sa mort puisque la fiche indiquait bien que l'exemplaire fut donné par Deslendes en 1655 (en indiquant que c'était aux Carmes de Charentes (sic!)).
    L'exemplaire de Brochier indiquait uniquement [....]eaux et des Tendes (resic!) 1645. Sur cet exemplaire, effectivement, le 1655 est mal écrit et peut laisser penser à 1645. La partie mentionnant les Carmes déchaussés est biffée (voir photo ci-dessous).

    Ex-dono sur Diego de Stella.

    Ex-dono en partie biffé sur l'Introduction à la Vie dévote.


    Notre interprétation évidente est que Salomon Phélypeaux fit don de sa bibliothèque aux Carmes déchaussés de Charenton par testament. La lecture de celui-ci devrait confirmer cette quasi-certitude.

    Par ailleurs, notons que d'autres exemplaires ont des reliures particulièrement proches, notamment dans la vente Bernard Brochier :

    • Saint Augustin, [La Cité de Dieu] - [Le Livre de sainct Augustin de l'Unité de l'Eglise contre Pétilian,... fait françois par Jacques Tigeou, angevin,... avec une épître de 1566]. Paris, J du Carroy, 1601. 2 volumes, sans les pages de titre (BM Angers, Rés. ST 0738).
    • Saint Augustin, Les Confessions. Paris, Michel Sonnius, 1598. (Alde, 25 novembre 2015, n°6)
    • Saint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu. Lyon, Pierre Rigaud, 1617. (Alde, 25 novembre 2015, n°9)
    • Saint Bonaventure, L'Aiguillon de l'Amour divin. Paris, Abel l'Angelier, 1588. (voir H.W. Davies, Early French Books in the Library of C. Fairfax-Murray, I, p.46, n°55).
    • Saint Ambroise, Trois livres des offices. Paris, Chaudière, 1588. (voir catalogue Burton, New-York, 22 april 1994, n°77)

    Malheureusement, il nous semble difficile de savoir si ces exemplaires possédaient les mêmes particularités ou non sans les avoir vu ou sans information sur les pages de titres. Nous essayerons de compléter la liste des exemplaires connus avec cette provenance et nous sommes d'ailleurs preneur de toute information sur d'autres exemplaires ou sur les exemplaires particulièrement proches ci-dessus.

    Alde, 25 novembre 2015, n°6 - Confessions de Saint-Augustin

    Alde, 25 novembre 2015, n°9 - Traité de l'Amour de Dieu

    BM Angers, Rés ST 0738 - La Cité de Dieu

    PBA, 14 février 2018, n°18

    Cet exemplaire ne correspond pas aux caractéristiques des exemplaires S.Phélipeaux, nous ne le mettons ici que pour montrer un autre exemple de reliure proche provenant de l'atelier de Clovis Eve.


    Le Barbet




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    BIBLIOTH.

    ..........., fils


    J'essaye de retrouver le possesseur de cette étiquette ex libris apposée dans un livre publié en 1825. Votre aide peut être précieuse. Si vous l'avez croisé ...

    Merci d'avance,

    Bertrand Bibliomane moderne


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    En 2009, j’eus en main environ 75 ouvrages provenant de cette bibliothèque ; 70 ont donné lieu à un « Mini-Catalogue », d’où est issue la petite statistique ci-dessous :

    Tous les volumes ne sont pas en reliure du XIX° : certains ouvrages des  XVI°-XVIII° siècles sont en reliure d’époque (veau, basane, vélin) ; enfin il y a des exemplaires brochés. 20 titres ne possèdent pas d’ex-libris ; l’ex-libris que vous montrez (voir le billet du Bibliomane moderne du 10 septembre 2009) est absolument identique au mien… sauf un, sorte de négatif, tiré en blanc sur fond noir, collé sur un petit Elsevier (photo P000074).  [NDLR : j'ai eu également un exemplaire avec cet ex libris sur fond noir, inversé par rapport à l'autre].

    Quelques exemplaires possèdent un découpage collé  issu du catalogue de la Librairie Claudin, daté à la plume (1893) ; en particulier, on le trouve sur les  Pensées de Simon Morin  (1647), relié par Niédrée (photos P000075 et 76).  Précieux indice qui  montre  qu’il y eut successivement deux marquis de Gaillon :


    Isidore de VION de GAILLON(1843-1892), d’abord vicomte de Gaillon, puis, très certainement, marquis de Gaillon après le décès de son père, Anne-Charles de VION de GAILLON (1783- 1858), transmettra à son fils  Pierre de VION de GAILLON (1865-1848) sa passion pour les livres ; celui-ci  deviendra marquis de Gaillon en 1892.

    Cette vieille famille du Vexin français était originaire de Bourgogne ; parmi leurs lointains cousins, se trouve le poète Charles VION DALIBRAY(1600-1654), dont le bisaïeul Pierre de Vion, seigneur d’Oinville aurait été « Prestre Curé » … et aurait légitimé ses quatre enfants en 1552 ; ce Pierre était fils cadet de Jean 1 de Vion, ancêtre direct des Vion de Gaillon (*).

    La sœur de Pierre, le bibliophile, épousa Martial de ROFFIGNAC, famille originaire du Limousin, apparentée aux Saint-Exupéry (**).

    Les armes de la famille portent « trois aiglettes en vol », ou, mieux  « de gueules à trois aigles d’azur aux ailes éployées posées 2 et 1 et regardant à dextre » (***)


    (*) Geneanet
    (**) Dans la bibliothèque familiale, se trouvait la rare et anonyme  Notice généalogique sur la famille de Saint-Exupéry (P., Jouaust, 1878), exemplaire, enrichi de nombreuses annotations et corrections manuscrites (de l’auteur ? du marquis ?) qui nous montre deux mariages, l’un au XIV° siècle, l’autre en 1578,  entre Roffignac et Saint-Exupéry.
    (***) www.montferre.com

    Photos :



    P1000074 - ex-libris anthracite sur  MICANZIO ( Frère  Fulgence ) : La  vie  du  Père  Paul  de  L’ Ordre  des Serviteurs de la Vierge et Théologien de la Serenissime Republique de Venise. Traduitte de l’Italien par F.G.C.A.P.D.B. [François GRAVEROL Conseiller au Parlement de Bordeaux]. Leyde, Chez Jean Elzevier, 1661. Petit in-12, sans faux-titre, (12) ff.[ dont le titre]-391-(3)[catalogue]pp., basane racinée fauve,  dos  à  nerfs orné de caissons dorés, pièce  de  titre  bordeaux ,  tranches rouges (reliure  un peu postérieure ;  restauration à un mors; épidermures teintées sur les plats; travail de vers , en « coup d’épingle », dans un coin , au début , rares taches, une déchirure  sans  manque ;  néanmoins  assez  bel exemplaire). Edition  originale  de  la  traduction française de la  Vita del Padre Paolo… (Leida, [ Vander Marse ],1646 ) de  Fra  Fulgencio , traduite  par  François GRAVEROL ( Nîmes ,1644 - ?, 1694 )  selon Quérard  (Supercheries littéraires, II, 37) : il semble, d’après Willems, que Graverol ne fut jamais Conseiller au Parlement de Bordeaux ; si c’est bien ce Nîmois , il  était bien jeune en 1661. Michaud conteste la paternité de cette traduction. Paolo  SARPI , dit  le  Père  Paul  ( Venise, 1552 -1623) fut un théologien de grand renom, histo-rien du Concile de Trente, ami de Galilée, versé dans les disciplines  scientifiques : certains ont affirmé qu’il avait  découvert  la circulation  du  sang ; Stendhal louera  ses  qualités.  Son  bio-graphe,  Fulgence MICANZIO (1570-1654)  fut son collaborateur et son ami ; il lui succèdera comme conseiller spirituel près  la  Sérénissime  République. Voir  la  longue description  de  Willems  (876) qui montre comment ce petit livre est une curiosité typographique : il  est sorti  de  deux  imprimeries  différentes ,  celle  de Philippe de Croy et celle de Jean Elzevier (pour une petite partie) ; cette édition est plus belle que celle de 1663.




    P100075 et 76– collage et reliure sur  le rarissime ouvrage de MORIN  ( Simon ) :    Pensées  (…)  Sans lieu ni nom d’Editeur, 1647.  Très petit in-4, sans faux-titre, 175pp. [pour 176,  détail  qui  a  échappé  à  pas  mal de monde : la  p. 174  est  redoublée…, titre compris  dans  la pagination ], demi veau glacé ocre, dos  à  nerfs ornés au  pointillé doré, encadrés de doubles filets dorés que l’ on retrouve en tête  et en pied , pièce de titre noire  ( Niédrée )  (  sobre et élégante reliure  de  la  fin  du XIX°  siècle ;  petits manques aux mors ). Imprimé sur un papier vergé de mauvaise qualité,  avec les  particularités  suivantes   : on  compte 33 lignes  par  page pleine,  à l’exception  du  dernier cahier, « Y » (pp. 169 et suivantes ) : 37 lignes par page, et même  44  pour  la  dernière ( Errata,  imprimé  en caractères très petits : soixante fautes répertoriées, et pour les autres fautes et ponctuations le Lecteur les suppléra s’il lui plaist );  dans cet exemplaire, elles ne sont pas corrigées. Par ailleurs, outre une qualité d’impression assez mauvaise, défauts  au cahier « I »: en tête des pp. 65 et 72   (titre courant et une ou deux lignes) ne sont pas imprimés ; en bas des pages 68 et 69, perte de quelques mots. Erreurs de numérotation de pages,  surtout  pp. 175 (174) et 176 (175) … A la suite : Arrest de la Cour du Parlement. Rendu à l’encontre de Simon Morin (…)portant condam-nation (…)  d’estre brulé vif (…) ensemble la condamnation de ses complices. Paris, Louis Barbote, 1663. Sans faux-titre,  7[ dont le titre]- (1) pp.

    R.G.


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    Si tu n'aimes pas les beaux livres finement reliés,
    Confie-les à l'ignoble Mondrac, dit le Massacreur,
    Donne lui ton édition en tirage de tête, bon rognée,
    Il en fera une affreuseté bien détestable, quel malheur !

    Si tu n'aimes pas les beaux livres finement décorés,
    Confie-les à l'ignoble Mondrac, dit le Trespasseur,
    Donne-lui un cuivre, une aquarelle originale signée,
    Il en fera une affreuseté bien détestable, quel malheur !



    Et si par hasard les couleurs tu aimes,
    Si les vifs coloris, le maroquin mal coupé,
    Tu aimes aussi, confie-lui des peaux,
    Il les coupera, taillera, rognera,
    Sans art ni précision.

    Il y a des artisans condamnables à perpétuité
    Pour les forfaits qu'ils commettent
    Mondrac est de ces assassins à châtier.
    Pendons-le haut et court et souhaitons-lui
    Que la postérité ne retienne pas même son nom.

    Signé Le Petit-fils de Trautz (*)


    (*) Nous avons pu examiner de près les reliures signées R. et A. Mondrac. Il faut se faire à l'idée que vues de près (de nos yeux vues) ces reliures sont bien plus détestables encore. Mondrac a dû relier plusieurs centaines de volumes, probablement dans les années 50 ou 60 ? La plupart des volumes que nous avons pu examinés étaient des grands formats in-4 ou grands in-8, tous massacrés sans exception. Les tentatives répétées de mosaïques sont les pires cauchemars qu'un bibliophile puisse imaginer. Ah oui ! Certes Mondrac ne manquait pas d'imagination dans ses décors ! Certes ! Seulement du point de vue réalisation technique c'est à peu près aussi réussi que si ces reliures avaient été confiées à un primate (encore ... un primate n'oserait pas cela !). Des centaines de tirages de tête (Mondrac ne pratiquait visiblement son crime que sur les tirages de tête, Japon et autres, avec dessins originaux et cuivres) ont ainsi été à jamais détruits. Dans le meilleur des cas il faudra pour les bibliophiles du futur qui auront en main Une Mondrac ... se précipiter pour la faire retirer illico. Car tout bradel papier uni non titré vaudra mieux que ces cochonneries honteuses pour l'histoire de la reliure d'art.

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    Page (3827) et avant-dernière du XIIe et dernier volume de
    l'Année des Dames Nationales (1794)
          Nous partageons avec les lecteurs du Bibliomane moderne ce petit texte de Rétif de la Bretonne. Il est âgé de 60 ans et vient terminer le douzième et dernier volume de la série l'Année des Dames nationales publié en 12 volumes entre 1789 et 1794.
          Nous avons rarement vu des volumes aussi mal imprimés et sur si mauvais papier. Les têtes de clou (caractères typographiques très usés) qui ont servi à l'impression sur un mauvais papier à chandelle (papier gris, inégal, mou, etc) comme l'écrivait déjà Charles Monselet en 1854, laissent au lecteur de ce début de XXIe siècle une impression étrange, à la fois l'impression de la volonté farouche de voir un ouvrage imprimé, de l'autre toutes les difficultés liées à l'impression d'un volume à la fin de la période révolutionnaire.
          Dans ces quelques lignes vous retrouverez tout l'esprit de Rétif, son orthographe que nous avons scrupuleusement recopié, le patriote opportuniste décrit par ses biographes.
          Bonne lecture !

          Bertrand Hugonnard-Roche


    Le voila donc terminé, cet Ouvrage, que je ne croyais pas terminer ! Je suis parvenu à le mener à sa fin, à-travers mille-obstacles, mille dangers ! La banqueroute que m'a faite Maradan, l'interrompit dès le 2d Volumes. Je fus ensuite la Victime de 2 Associations ruineuses, ét d'achats de caractères. Pressé de commencer les RESSORTS DU CŒUR-HUMAIN DÉVOILÉS, je mis au  Ires Epoques de cet Ouvrage, des fonds, qui auraient avancé l'ANNÉE-DES-DAMES NATIONALES, que je ne voudrais nommer que le KALENDRIÉR DES CITOYÉNNES, le nom de DAMES ne convenant plus. Mais l'Ouvrage était entièrement composé avant la Revoluçion, puisque la dernière NOUVELLE, inscrite sous le porche de la rüe BRETONVILLIÉRS, ILE DE LA FRATERNITÉ, est du 7 juillet 1789. L'impression a duré 6 années entières, fin de 89, 90, 91, 92, 93 et commencement de 1794 ; et les frais l'en montent à près de 30-mille livres, par la grande cherté du papier, etca. Je n'ai pas fait cette dernière SUITE des CONTEMPORAINES comme je l'aurais voulu : Brûlant d'un pur patriotisme, il fut un temps de cette impression, où il fallait le deguiser : Depuis, j'ai souvent été malade, ét la Case a été abandonnée à d'Autres : Que mes Lecteurs m'excusent : J'ai toujours été un Citoyén aimant le but de tout gouvernement sage : Je n'ai  jamais cherché à troubler, même en desirant plus vivement que d'Autres la reformacion des abus. Adieu, mon Lecteur Republiquain : Ne vois dans ces NOUVELLES, que des faits vrais, que je ne pouvais corriger, sans leur oter leur utilité. Tu y trouveras des mœurs qui ont été ; aulieu que les Romanciérs ne te donnent que des mœurs factices, enfans de leur imaginacion, ét par conesquent (sic) sans utilité pour les mœurs. L'infâme Robespierre fut executé le 10 Termidore. (*)

    (*) pp. (3827) du XIIe et dernier volume titré : L'Année des Dames Nationales. Décembre. Nord-d'ouest de Paris. A Paris chéz J. B. Garnery, Libraire, rue Serpente, n°17. Sans date (1794). Notre exemplaire porte le titre de relais "LES PROVINCIALES : ou HISTOIRES des Filles et Femmes des Provinces de Fance, dont les Aventures sont propres à fournir des sujets dramatiques de tous les genres."

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          Marc Ways est comme il se définit lui-même : un agité du bocal. Pour preuve sa petite vignette-timbre ex-libris ex-dono qu'il aime à coller dans les exemplaires des livres qu'il dédicace. Tel un poisson-rouge formolisé (ou phormolisé), sans se formaliser, on peut le dire un brin toqué du bulbe. Bref, l'homme m'est en très grande partie inconnu mais ses œuvres (collages, photos détournées, etc) sont une pierre de plus à lui mettre au cou avant immersion aquatique ! Mais peut-on faire taire un passionné ? Pas sûr. Les deux forts volumes qui viennent de paraître aux éditions Anne Lamort (libraire de livres anciens et ancienne présidente du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne) sont la preuve qu'on peut quand on veut ! Et Marc Ways tenait pardessus tous à ce que ces deux volumes voient le jour. Et c'est plutôt réussi si j'en juge parce que j'ai déjà pu lire de ces deux bouquins cossus. Ce sont 1.325 pages de texte avec de nombreuses reproductions de pages de titre des ouvrages présentés classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs. je sais par Marc Ways lui-même, que cet ensemble ne représente qu'une petite partie de ce qu'il souhaiterait voir publié. "Ce n’est que le quart de ma collection. 450 titres étudiés et il y en a environ 1600" m'écrivait-il hier. 10 ans de travail, de nombreuses heures de travail quotidien. Un travail de compilation imposant qui en impose ! Marc Ways sait que la totalité de son travail donnerait 6.000 pages de texte pour 8 volumes. Verront-ils le jour ? Il faut l'espérer. Car ce type de documentation est un outil précieux pour le bibliophile comme pour le libraire, Anne Lamort ne s'y est pas trompée, et on ne peut que la féliciter d'avoir permis la sortie de cet ensemble utile et agréable.
          Le premier volume s'ouvre sur un avant-propos signé de Marc Angenot, professeur émérite à la McGill University (chaire d'étude du discours social). Il écrit : "Voici un livre passionnant ! - Un livre, dites-vous ? ce n'est pas un vrai livre, c'est une bibliographie annotée, un catalogue ! [...] ce livre est une invitation à un voyage, hasardeux, aux confis, ou plutôt par-delà les confins du raisonnable, du lisible [...]." N'est-ce pas cela que recherche le bibliophile, le libraire, et plus généralement le curieux ? Faire un voyage hasardeux, sans jamais en savoir la destination par avance. Ainsi, ces deux volumes se composent de fiches bio-bibliographiques faites à partir de différentes sources. Prenons pour exemple la fiche consacrée à Jean-Marie Chassaignon, l'auteur des Cataractes de l'imagination, etc (publié en 1779, 4 volumes in-12). La fiche donne les dates de l'auteur suivie du titre de l'ouvrage étudié. Vient ensuite une description d'un exemplaire issue d'une fiche de libraire. L'article se poursuit par la notice donnée par Blavier suivie de la notice de la librairie Bonnefoi, une communication de Benoît Melançon (Université de Montréal), une notice par Mathieu Brunet de l'Université de Provence "le cas Chassaignon" (source Fabula.org). Chaque fiche est construite sur ce modèle, compilation de différentes sources, libraires et Blavier ainsi que différentes sources d'autorité (publications universitaires ou autres). Souvent les tables des matières des ouvrages présentés sont données dans le détail, ce qui permet d'avoir une idée très précise de l'ouvrage en question. La notion de rareté est également plus ou moins soulignée par les différents commentateurs. Le tout étant largement illustré de reproductions de pages de titre ou figures, fac similés d'écritures.
    En résumé, ces deux volumes peuvent se lire (ou se dévorer) des façons qu'on voudra. De manière linéaire, de la page 1 à la page 1.325 comme un énorme essai sur les péripéties de la folie humaine à la travers l'encre et le papier, au fil des siècles ; de manière chaotique, au gré des notices et des envies, comme un outil bibliographique à destination des chercheurs, qu'ils soient libraires, bibliophiles ou simple lecteur curieux de la foldinguerie.
          Le mieux étant de vous faire votre propre idée. Je ne saurais trop vous conseiller d'avoir ces 2 bouquins sur vos premiers rayons, à portée de cerveau.
    Le tirage étant limité à 250 exemplaires, et sachant qu'il existe un bon millier d'universitaires assez curieux, un bon millier de bibliothèques assez curieuses, un bon millier de bibliophiles aussi curieux, un bon millier de libraire tout pareil, si si ... je vous assure ! en théorie ces 2 volumes n'auraient pas dû être tirés à moins de 4.000 ! Mais le monde étant ce qu'il est et les choses étant ce qu'elles sont, gageons qu'il doit bien rester encore 1 ou 2 exemplaires pour vous ! Mais hâtez-vous !

    Bertrand Hugonnard-Roche


    Marc Ways. A la Recherche des Fous littéraires et Hétéroclites perdus. Avant-propos de Marc Angenot. Editions Anne Lamort, 2018. 2 volumes brochés 24 x 17 cm de 1.325 pages. Illustrations en noir. Tirage à 250 exemplaires. Prix : 95 euros les deux volumes. Adressez votre commande par email directement à l'auteur Marc Ways à marc.ways@orange.fr - (Frais de port : 17,40 euros colissimo recommandé assuré).


    Photos Bertrand Hugonnard-Roche / Avril 2018

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    Intéressons-nous aujourd'hui au libraire Galland actif vers 1800. Il s'agit d'Antoine Galland (1763-1851), homonyme du traducteur des 1001 nuits. Le site de la BnF nous donne :
    Romancier, historien et libraire. - Natif de Saint-Pardoux (Puy-de-Dôme), il s'installe à Paris en 1790. Exerce une activité d'auteur, d'éditeur de journal ("Le Vrai Républicain ou le Défenseur des droits du peuple") et d'imprimeur, en association avec Conort de 1795 à 1797. Arrêté en oct. 1795 pour ses écrits contre la Convention. En mars 1798, devient membre de la Commission des sciences et des arts d'Égypte en tant qu'imprimeur, et accompagne Bonaparte lors de son expédition d'Égypte. Publie en 1802 le "Tableau de l'Égypte pendant le séjour de l'armée française..."À son retour, exerce le métier de libraire tout en étant vérificateur des mémoires de l'Imprimerie nationale puis impériale. Breveté libraire à Paris le 1er nov. 1812 ; son brevet est renouvelé le 15 mars 1817, mais il n'exerce plus après 1816. Décédé à Paris en sept. 1851
    En 1795-1797, travaille en association avec l'imprimeur Conort sous la raison "De l'imprimerie Conor(t) et Galland"
    Photographie Librairie L'Amour qui bouquine


    Nos recherches nous ont permis d'identifier les adresses suivantes : 
    1. rue de la Harpe, n°6 et 152 (vers 1795-97, association avec Conort)
    2. palais du Tribunat, n°223 ou place du Tribunat, Galeries de bois, n°223 (1803-1805)
    3. rue Saint-Thomas-du-Louvre, n°32 (1806-1810)
    4. rue du Pain, hôtel de Tours (1810)
    Mention vers 1796 lors de son association avec Conort (source Gallica)


    Nous trouvons aussi ces ouvrages, liste certainement très partielle. Ceux sans date sont publiés avant 1807. Ceux avec * sont imprimés par l'Imprimerie impériale. Galland était alors le libraire chargé de revendre ces ouvrages. On trouve nettement moins d'impressions après 1810, souvent du droit ou des décisions de justice.


    Titre du Tableau de l'Egypte (source Gallica)

    1. Vérités terrible sur notre situation actuelle. Galland en est l'auteur (vers 1795-97).
    2. Liste générale de tous ceux qui ont été arrêtés par suite de l'événement malheureux qui a eu lieu dans la nuit du 23 au 24 dans le camp de Grenelle. Avec leur nom, demeure, profession et la désignation de leurs principaux chefs (vers 1795-97)
    3. L'Unique moyen de rendre à la France sa splendeur. Galland en serait l'auteur (vers 1795-97).
    4. Jugement rendu par le Conseil militaire séant au Temple, qui statue sur le sort de 52 prévenus arrêtés au camp de Grenelle... (vers 1795-97)
    5. Faut-il un roi ? faut-il une république ? Réflexions d'un pauvre diable. Signé G. pour Galland ? (vers 1795-97)
    6. L'Ami du gouvernement républicain et de tous les gens de bien. Quotidien ayant tenu 6 jours (19-24 juillet 1796)
    7. Le Vrai Républicain ou le Défenseur des droits du peuple. Galland en était le rédacteur (vers 1796)
    8. L'Avertisseur ou le Postillon de Paris. Galland en est le rédacteur. Le journal deviendra ensuite la Chauve-Souris. Semble avoir eu 53 numéros. (1797)
    9. La Chauve-Souris (journal quotidien). Galland en fut le directeur (Septembre-décembre 1797).
    10. Tableau de l'Egypte pendant le séjour de l'armée française ; suivi de l'Etat militaire et civil de l'armée d'Orient. 2 volumes. Cet ouvrage est écrit par A. Galland. (1802)
    11. Fables de Loqman, surnommé le sage (1803?)*
    12. La Colombe, messagère plus rapide que l'éclair, plus prompte que la nue (1805)*
    13. Les Six Jours, ou Leçons d'un père à son fils sur l'origine du monde, d'après la Bible. 2 volumes (1805)
    14. Traité général de l'irrigation (1806)
    15. Mémoires sur la révolution de la Pologne, trouvés à Berlin. (1806)
    16. Code Civil des français. 3 formats : in-4, in-8, in-32.*
    17. Code de Procédure Civile. 3 formats : in-4, in-8, in-32.*
    18. Table des matières du code de procédure. 3 formats : in-4, in-8, in-32.*
    19. Code général pour les états prussiens. 5 volumes.*
    20. Oratio Dominica CL Linguis versa, etc.*
    21. Adlocutio et encomia variis linguis expressa, etc.*
    22. Etiquette du palais impérial*
    23. Analyse et tableaux de l'influence de la petite vérole sur la mortalité à chaque âge.*
    24. Pièces officielles relatives aux préliminaires de Londres et d'Amiens*
    25. Procès-verbal de la cérémonie du sacre et du couronnement de LL MM l'empereur Napoléon et l'impératrice Joséphine*
    26. Tableau de comparaison des poids et mesures anciennement en usage à Paris.*
    27. Songe du professeur V Monti, assesseur du ministre de l'intérieur et membre de l'institut.*
    28. Odes sur les guerres d'Autriche*
    29. Introduction à la science de la Statistique*
    30. L'art du limonadier.
    31. L'ami et le conservateur de l'enfance ou le guide des pères et des mères pour l'éducation de leurs enfans.
    32. Instructions élémentaires d'Agriculture.
    33. Abrégé élémentaire des principes de Botanique.
    34. Oeuvres d'Agriculture et d'économie rurale.
    35. Traité de subsistance et des grains qui servent à la nourriture de l'homme avec un grand nombre de planches.
    36. Traité de la culture des arbres et des arbustes. 3 volumes.
    37. Consejos de un Padre à suo Hijo.
    38. Eloge de Massillon.
    39. Relation officielle de la bataille d'Austerlitz.
    40. Mémoire concernant la trahison de Pichegru.
    41. Alliance des jacobins de France avec le ministère anglais, dans les années 3, 4 et 5.
    42. Premier et second rapport du Grand-Juge  au premier Consul, relatifs aux trames de Drack et du ministère anglais.
    43. Recueil des interrogatoires secrets subis par le général Moreau.
    44. Notice Abrégée sur la vie, le caractère et les principaux crimes des assassins aux gages de l'Angleterre.
    45. Des bases, de la forme et de la politique du gouvernement de la Grande Bretagne.
    46. Fables en vers français.
    47. The complete French Master, for Ladies and Gentlemen.
    48. Mombars l'Exterminateur, ou le dernier chef des Filbustiers, Anecdote du Nouveau-Monde.
    49. Code Napoléon. Edition originale seule et officielle (1807)*
    50. Lettre sur le robinier connu sous le nom impropre de faux acacia ; avec plusieurs pièces relatives à la culture et aux usages de cet arbre (1807)
    51. Histoire de Jean Churchill, duc de Marlbourough. 2 volumes (1808)
    52. Mémoire sur la conduite de la France et de l'Angleterre à l'égard des neutres (1810)
    53. Exposé des motifs du Code Napoléon (1810)

    Notons aussi qu'une page Wikipédia lui est consacrée.

    Le Lévrier
    Galland mais chien rapide !


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    Confier SON livre à un relieur qu'on ne connaît pas ? Voilà bien une hérésie digne des plus grandes tortures ! Et pourtant, le bibliophile se doit de faire confiance à minima à celui ou celle qui va charcuter son précieux. J'ai mes habitudes en tant que bibliophile-libraire pour ce qui est de savoir à qui je donne mes livres à relier. Parfois on hésite, on tâtonne entre l'un, l'une ou l'autre. Pour commencer, je dois avouer un sexisme totalement assumé : il est hors de question que mes livres soient touchés, triturés, caressés, déshabillés, et rhabillés, par d'autres mains que des mains de femmes. Des mains de femmes expertes. Je me moque des écoles, des diplômes, des réputations et sans doute encore plus des notoriétés. La seule notoriété qui me convient est celle qui conviendra à mes livres. Sorte de psychanalyse Lacannienne après l'heure, ma bibliophilie est celle du plaisir, de tous les plaisir réunis : toucher, odorat, vue. Même l'ouïe est en éveil quand le papier craque sous les doigts ; qu'un plat de reliure se referme dans un silence semi-bruyant. Seul le goût des livres échappe au scénario. Et encore ? N'en deviendrait-on pas bibliophage parfois. Bref. Il ne faut pas se louper.

    J'ai confié par hasard ou pas vraiment, un exemplaire de ma réimpression du Dictionnaire bibliophilosophique aux mains délicates et expertes de Sophie Quentin, tenancière émérite de l'atelier parisien Listel Or. J'avais pu voir la finesse de quelques unes de ses réalisations sur le net. La technique qu'elle a mis au point pour travailler le papier aluminium m'a séduit. Je confiai donc à Sophie Quentin la réalisation "carte blanche" sur cet ouvrage destiné à l'un de mes enfants. Le temps passa ... et le volume finit par arriver. Ce fut un étui avec dos en cuir et plats en aluminium travaillé qui fut réalisé. Sophie Quentin utilisa le monogramme parfois utilisé par Octave Uzanne pour décoré les plats de l'étui. A l'intérieur le volume broché reste intact, tel que sorti de l'imprimerie. Sophie Quentin a donné le meilleur d'elle-même pour réaliser ce travail créatif. Je lui en suis extrêmement reconnaissant. Je ne dirai rien de plus sur cette femme au tempérament artiste et au cursus étonnant. Je n'en dirai pas plus, les plus curieux se reporteront à l'excellent article qui a été rédigé sur elle dans la revue Art et Métiers du Livre. En espérant avoir le plaisir de la rencontrer prochainement pour échanger sur nos passions communes pour le papier imprimé et ses habits, je vous laisse admirer quelques unes de ses réalisations. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas d'avoir fait si court. Mais mieux ne vaut pas en dire trop et laisser découvrir. En fin de billet vous pourrez retrouver ses coordonnées complètes.

    Bertrand Hugonnard-Roche



    Etui pour la réimpression du Dictionnaire Bibliophilosophique d'Octave Uzanne (2015)


    ci-dessous autres réalisations




    Atelier Listel Or
    Sophie Quentin
    8 rue Francoeur
    75018 Paris
    sophie.quentin@listel-or.com
    www.listel-or.com
    01 42 52 69 44

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    Si quelqu'un a une idée ?

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne


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    Oui oh ! je sais ce que vous allez me dire...
    Philosophie de Monsieur-Nicolas. Par l'auteur du Coeur-Humain-Dévoilé (Rétif de La Bretonne). Paris, de l'imprimerie du Cercle-Social (Bonneville), 1796. 3 vol. in-12.
    Exemplaire de la bibliothèque de Paul Lacroix (Bibliophile Jacob) auteur de la Bibliographie de Rétif de la Bretonne (Paris, Auguste Fontaine, 1875). Paul Lacroix n'est pas pour rien dans le goût ressuscité pour les écrits du terrible Restif ! Sa bibliographie donne aux amateurs fortunés de la seconde moitié du XIXe siècle un outil qui leur permettra d'assouvir leur soif de raretés rétiviennes.
    L'exemplaire que nous avons en mains de la Philosophie de Monsieur-Nicolas a donc servi à Paul Lacroix pour ses études rétiviennes. Son ex libris a été collé au contreplat du premier volume peu de temps avant sa mort (en 1884). Cet ex libris a été dessiné par Marius Perret. Voir à ce sujet notre article http://www.octaveuzanne.com/…/octave-uzanne-na-pas-dessine-…
    L'exemplaire est relié demi-veau de l'époque. Chaque volume porte au contreplat l'étiquette du libraire Louvard (rue du Bac n°78).


    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne


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    L'exemplaire que nous avons sous les yeux des Contemporaines de Restif de la Bretonne nous permet de déduire deux informations que nous pensons, sinon utiles, pour le moins intéressantes. Il s'agit d'un exemplaire complet des 42 volumes et des 283 figures hors-texte, conservé à l'état broché, non rogné, sous couverture de papier à la colle de couleur caramel. Au dos des volumes on ne trouve pas de pièce de titre mais simplement un numéro de tomaison imprimé en noir sur un petit carré de papier. La photographie ci-dessus montre l'aspect général des volumes, tous identiques. Nous avons examiné le brochage de chacun des volumes. Au verso du papier des couvertures, nous trouvons parfois (pas systématiquement), en guise de doublure, une feuille imprimée qui provient du rebut de feuilles imprimées en provenance d'un livre en particulier : Histoire d'Alexandre Ier empereur de toutes les Russies etc, par Rabbe, publié chez Truttel, Würtz et Ponthieu en 1826. De cette seule information on déduit que la brochage de cette série a été fait cette même année 1826 ou très peu de temps après. C'est-à-dire bien postérieurement (plus de 30 ans après l'impression du dernier volume de la série achevé d'imprimer en 1792 - la série est entièrement de la deuxième édition imprimée entre 1781 et 1792 - 34 ans exactement). On en déduit dans le même temps que jusqu'en 1826, ces 42 volumes étaient restés "en feuilles", non brochés, certainement stockés alors en paquets dans quelque remise de libraire ou d'imprimeur. Cette information vient confirmer s'il en était besoin que les ouvrages de Restif de la Bretonne, comme certains de ses contemporains aimaient l'écrire, étaient juste bon pour servir d'emballage chez les épiciers. En effet, que de papier dans ces 42 volumes in-12 ! Cet exemplaire aura échappé à la destruction un peu miraculeusement. Nous n'avons aucune idée de la provenance de ces volumes (aucun ex libris). Nous ne saurons donc jamais pour qui ni pourquoi ils n'ont été brochés qu'en 1826. Mais le fait est là.




    La photographie ci-dessus quant à elle, apporte une autre information intéressante. Si vous l'observez attentivement, vous remarquerez deux petites piqûres de vers dans l'estampe (au centre et en haut pour l'une et un peu plus bas à droite pour l'autre). Si vous regardez encore mieux, vous remarquerez que le scan qui a été fait montre du blanc sous les trous de vers. Ce blanc indique une chose qu'il n'était pas facile de vous montrer à distance, à savoir que le feuillet précédent n'est pas troué ! Le feuillet suivant non plus d'ailleurs ! Cette information ne peut signifier qu'une seule chose : le feuillet d'estampe, percé par les vers, ne se trouvait pas dans le volume broché au moment de l'attaque d'insecte. C'est-à-dire que les estampes ont été placées dans les volumes lors du brochage (en 1826 seulement). Cela implique qu'il y avait d'une part des paquets de feuilles imprimées (texte) et d'autres part, stockées séparément, un stock de gravures (un grand nombre ont du se perdre d'ailleurs ...). L'examen approfondi de l'ensemble des 283 estampes permet de constater autre chose dans le présent exemplaire : toutes les gravures ne sont pas du meilleur tirage, loin de là. Certaines sont très belles, bien encrées et d'un noir intense, tandis que d'autres, selon les volumes, sont d'un tirage moins net et beaucoup plus pâle. Sachant donc qu'il existait en parallèle des paquets de feuilles imprimées, des paquets d'estampes, on comprend donc que les estampes étaient placées dans les volumes en fonction de celles qui restaient ... certaines de bon tirage, d'autres de mauvais tirage (parce qu'il n'y en avait plus d'autres disponibles). Restif était mort depuis 1806 et ces arrangements de librairie (qui ne lui étaient sans doute pas étranger de son vivant) montrent d'une part que ses ouvrages ont toujours été l'objet d'un traitement un peu particulier, par les libraires, par les imprimeurs, et par ses lecteurs même pourrait-on dire.

    Bertrand Hugonnard-Roche

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    Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), photographié par Etienne Carjat sur son lit de mort
    le 19 janvier 1865, à Paris, dans la maison du 12 Rue de Passy (Paris, XVIe).


    Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), les yeux clos, la sueur au front et les cheveux mouillés encore perceptibles à plus de 150 années de distance, sur son lit de mort au n°12 de la rue de Passy à Paris (XVIe arr.), photographié le 19 janvier 1865 par Etienne Carjat. Tirage albuminé contrecollé sur carton 106 x 62 mm. Gustave Courbet, ami de Proudhon et de Carjat, rate cet instant où la vie s'éteint sous nos yeux. Courbet fera peu de temps après une estampe à partir de cette photographie. Quelques heures avant son décès, ses amis libertaires réunis autour de lui se voyaient confier ses précieux manuscrits. Ses obsèques eurent lieu le lendemain 20 janvier. Deux jours après, le 22 janvier 1865, Émile de Girardin (directeur du journal La Presse) fait remarquer que Proudhon était mort de l’incapacité où il avait été mis d’exercer son robuste talent de polémiste. Son influence fut considérable sur les ouvriers qui fondèrent l’Internationale en France. Elle s’exerce encore, directement ou indirectement, sur le mouvement ouvrier français.

    « Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et dire qu'il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité, cette ignominie ; des prolétaires, qui posent leur candidature à la présidence de la république ! Hypocrisie ! »

    Pierre-Joseph Proudhon (extrait de l'Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, Garnier frères, 1851).




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    Récemment je fais l'acquisition du volume suivant :


    RÉTIF DE LA BRETONNE. Sa vie et ses amours ; documents inédits, ses malheurs, sa vieillesse et sa mort : ce qui a été écrit sur lui ; ses descendants ; catalogue complet et détaillé de ses ouvrages, suivi de quelques extraits ; par CHARLES MONSELET. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-simile. Paris, Alvarès Fils, éditeur, Rue de la Lune, 24, 1854.

    et puis aujourd’hui je reçois le volume suivant :


    RÉTIF DE LA BRETONNE. Sa vie et ses amours ; documents inédits, ses malheurs, sa vieillesse et sa mort : ce qui a été écrit sur lui ; ses descendants ; catalogue complet et détaillé de ses ouvrages, suivi de quelques extraits ; par CHARLES MONSELET. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-simile. A Paris, chez Aug. Aubry, libraire, Rue Dauphine, n°16, 1858.

    Deux éditions du même ouvrage portant même titre au détail près, parues à 4 ans d'intervalle. Chaque édition est ornée en frontispice d'un portrait de Rétif de la Bretonne. Les voici :


    Celui de gauche est celui présent dans la première édition de 1854 (Alvarez). Celui de droite est présent dans celui de l'édition de 1858 (Aubry). On remarquera que le portrait est identique à la différence près que celui de 1854 est avant la lettre (le nom de Rétif de la Bretonne ne se trouve pas gravé sur le socle). Dans les deux cas l'impression du portrait est sur vélin blanc.

    Comparons les deux éditions. Elles ont toutes les deux la même pagination, et, pour le dire tout de suite, exactement la même typographie et la même justification, pour tout dire donc en un seul mot : idem ! Il s'agit en réalité du même tirage. Autrement dit, l'édition de 1858 publiée par Aug. Aubry n'est autre chose que le reste des invendus de la première édition parue quatre ans plus tôt chez Alvarès. On connaît le tirage qui a été de 520 exemplaires, savoir 400 exemplaires sur vergé, 60 exemplaires sur vélin, 40 exemplaires sur Hollande et 20 exemplaires sur papier rose. On retrouve d'ailleurs imprimé le même justificatif dans l'édition de 1858 (la typographie est différente cependant pour cette justification - ainsi que pour le faux-titre imprimé en noir dans l'édition de 1854 et en rouge dans l'édition de 1858). On trouve dans les deux exemplaires le même fac-simile relié à la fin du volume, même papier, même impression.

    Que dire donc de tout cela ? Qu'en 1854, lorsque Monselet sort sa vie de Rétif chez Alvarès, tirée à 520 exemplaires, quatre ans plus tard, en 1858, la totalité des exemplaires n'ont visiblement pas été écoulés, loin de là, au point d'en proposer une remise en vente à peine masquée chez Aug. Aubry, sans changements, si ce n'est un nouveau titre et faux-titre. On en déduit tout de même une chose intéressante au sujet de Rétif de la Bretonne et de son oeuvre : en 1854 Rétif n'attire visiblement pas les foules au point qu'un tirage à à peine plus de 500 exemplaires d'un livre lui étant consacré ne fait pas recette et se trouve, comme bon nombre d'ouvrages de Rétif à la fin du XVIIIe siècle, bon pour servir de papier d'emballage chez l'épicier. Il faudra attendre Lacroix et sa bibliographie "montée de toute pièce" commanditée par le libraire Auguste Fontaine, qu'il faut voir comme un magistral coup de librairie permettant à celui qui avait acheté les Rétif en feuilles ou brochés pendant les années précédentes, de faire monter la cote d'un auteur bien mal en vue.

    Bertrand Hugonnard-Roche
    Bibliomane moderne


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    https://retifdelabretonne.blogspot.com/

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    Cher(e)s ami(e)s du Bibliomane moderne, j'en appelle à votre sagacité de bibliophiles amateurs pour essayer d'identifier (si cela est seulement possible) l'auteur de cette suite de 20 dessins originaux que je viens d'acquérir. Ces dessins à l'encre ont été délicatement et très habilement rehaussés de couleurs au crayon. Chaque dessin mesure environ 14 x 9,5 cm dans un encadrement d'un simple filet à l'encre. Ils ont été spécialement réalisés par l'artiste pour un ouvrage publié clandestinement en 1945. Chaque dessin porte en marge la page à laquelle il doit être placé et la scène dessinée correspond parfaitement au passage du texte concerné. S'il ne fait aucun doute que ces dessins sont contemporains de l'édition, soit vers 1945-1950, nous n'avons trouvé aucun élément permettant d'identifier leur auteur. Les catalogues de curiosa que nous avons pu consulter (vente Gérard Normann, etc.) ne contiennent aucune reproduction de dessins de facture approchante. L'ensemble est très joyeux comme vous pouvez le constater avec les reproductions ci-dessous. Si vous avez une idée ? ou mieux si vous avez croisé un dessin approchant, de même "patte", je suis preneur !

    Bertrand Bibliomane moderne

    PS : afin de ne pas avoir de problèmes avec la police ... nous avons restreint l'accès au Bibliomane moderne à un public adulte et averti. Désormais donc, qui lit ces pages ... consent !























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          Avoir un exemplaire en mains est l'occasion pour le libraire d'en faire une description précise. Cette description est d'autant plus utile lorsque les bibliographes ne se sont pas penché sur son cas. C'est ce qui semble être le cas pour cette édition ancienne des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos parue sous le millésime de 1784à l'adresse d'Amsterdam et Paris, chez Durand neveu.
          La bibliographie de référence concernant les éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime  1782 a été écrite en 1963 par Max Brun et tirée à part de la revue "Le Livre et l'Estampe"(n°33 - Premier numéro de 1963). Cette petite plaquette au format in-8 (22 x 14 cm env.) se compose de 64 pages dont 1 tableau dépliant et quelques reproduction de pages de titres en fac-similés. Comme sont titre l'indique, cette étude s'attache à répertorier en détail les différents tirages et éditions portant la date de 1782. Néanmoins, à la fin, l'auteur cite et donne quelques intéressantes informations sur d'autres éditions postérieures portant les dates de 1787, 1792 et 1796. Rien n'est dit cependant concernant cette édition portant le millésime de 1784 dont nous donnons la description comme suit :

          L'édition que nous allons décrire porte le millésime M. DCC. LXXXIV. [1784] sur les 4 pages de titre. Les volumes que nous avons en main sont de format petit in-12 (Hauteur des marges : 140 mm.). L'exemplaire étudié est relié en demi-basane de la première moitié du XIXe siècle mais ne semble pas avoir été rogné outrageusement à la vue des quelques témoins observés. Voici le texte des pages de titre. le symbole // marque la césure telle qu'elle apparaît sur chaque page de titre. Nous respectons l'orthographe et indiquons entre crochets [] les éléments qui donnent des informations supplémentaires.


    Description :

          Chaque partie possède son propre faux-titre : LES LIAISONS // DANGEREUSES.

    Première partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // PREMIÈRE PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

    Seconde partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // SECONDE PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

    Troisième partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // TROISIÈME PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

    Quatrième partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // QUATRIÈME PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

          On constate une parfaite homogénéité des 4 pages de titre.

    Voici le détail de la pagination :

    Première partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc). 1 feuillet de titre (verso blanc). Avertissement de l'éditeur (paginé 1 à 2). Préface du rédacteur (paginé 3 à 14). Les lettres commencent à la page 15 (sans numéro) jusqu'à la page 199 (verso blanc).

    Seconde partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 188.

    Troisième partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 175 (verso blanc).

    Quatrième partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 208.

    Répartition des lettres selon les parties :

    La première partie contient les lettres 1 à 50.

    La seconde partie contient les lettres 51 à 87.

    La troisième partie contient les lettres 88 à 123.

    La quatrième partie contient les lettres 124 à 175.

    Papier :

          Le papier utilisé pour l'impression des 4 parties est de bonne qualité, à vergeures verticales. Nous avons relevé un petit filigrane qu'on retrouve composé des initiales G B.

    Ensemble ornemental :

          Nous donnons l'ensemble des petits ornements en annexe à la fin de cet article (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe, avec à chaque fois leur emplacement dans les différentes parties).

    Leçons que l'on peut tirer d'après l'étude de Max Brun :

          Cette édition portant le millésime de 1784 possède une pagination différente de toutes les éditions portant le millésime de 1782 décrites par Max Brun. Bien que les deux premières parties aient une pagination identique au tirage G (199 + 188), la mise en page diffère malgré tout puisque dans G la préface se termine par la page chiffrée 14 (verso) et non 13. De même les ornements diffèrent entre notre tirage de 1784 et G. Par ailleurs les troisième et quatrième parties diffèrent quant à la pagination de G. 175 et 208 pour 1784 contre 181 et 202 pour G. Dans les deux cas cependant il s'agit d'un tirage petit in-12 (environ 140 mm de hauteur).

         Si l'on compare maintenant quelques erreurs communément repérées dans d'autres tirages avec celui-ci de 1784, nous avons :

    - La lettre XVIII est bien datée du 20 août comme dans A.
    - La lettre XXI est bien datée du 20 août comme dans les premiers tirages A, B, C.
    - La lettre XXIII est bien datée du 21 août comme dans A.
    - La lettre LI est bien datée du 2 septembre
    - Dans la note de la lettre VII, il est écrit "des autres Acteurs"
    - Dans la lettre CLXVI, on retrouve comme dans A "votre chère santé"
    - Comme dans A la dernière lettre (CLXXV) n'est pas datée.

          Alors que les éditions A, B, C, D décritent par Max Brun comportent 978 pages, l'édition E, 976, l'édition F, 975, l'édition G, 770, celle de 1784 n'en contient que 767 (199 + 188 + 175 + 208). Bien que différente de toutes les autres, c'est par le format et la pagination celle qui se rapproche le plus de G. Max Brun indique "qu'il n'est pas impossible que Durand neveu ait imprimé cette édition G. En est-il de même pour celle de 1784 ? L'édition H décrite par Max Brun ainsi que I, J , K, et L diffèrent quant à la disposition du titre notamment. Ces dernières éditions de pagination moindre (743, 664, 656, 687) semblent toutes des contrefaçons, copies plus ou moins fidèles des trois premières éditions Durand neveu. M et N ont été confondues avec des productions de Cazin. O est au format in-8.

    Conclusion :

          L'édition portant le millésime de 1784 est de format petit in-12 (environ 140 mm) et se rapproche du tirage G de 1782 décrit par Max Brun bien que différente par la pagination et la mise en page. De même l'édition de 1784 ne contient pas les erreurs grossières relevées par Max Brun dans l'Avertissement et dans la pagination de la fin de la quatrième partie. Nous en concluons que l'édition de 1784 et l'édition G de 1782 n'ont pas ou très peu de filiation.

          L'édition portant le millésime de 1784 a-t-elle été publiée par Durand neveu ou est-ce une énième contrefaçon ? Difficile à dire bien que la qualité du papier, la mise en page et la correction du texte semblent indiquer une édition légitime, faite sans le consentement de l'auteur qui n'a officiellement reconnu que deux éditions en 1782.

          Pour finir, disons que la Bibliothèque nationale de France possède un exemple d'une édition des Liaisons dangereuses portant la date de 1784 (un libraire anglais en propose actuellement un exemplaire - pagination strictement identique à l'exemplaire que nous décrivons). Cependant celle-ci n'a rien à voir à priori avec celle que nous décrivons puisque sa pagination est toute différente (XVI-169, 170, 163, 184, avec le nom de Durand sur les titres). Cette édition conservée sous la cote 16-Y2-30215 possède une pagination encore différentes des 16 éditions décrites par Max Brun pour les tirages de 1782. Encore un autre tirage donc. Il faut donc se résoudre à penser qu'il existe des dizaines de tirages des Liaisons dangereuses parus entre 1782 et 1788, sur un même modèle (4 partie in-12 ou petit in-12 avec disposition identique ou quasi identique des pages de titre). Max Brun ne s'est attaché qu'au millésime 1782 et aux millésimes particuliers (complètement différents) de 1787, 1792 et 1796. Une nouvelle édition regroupant l'ensemble des tirages parus jusqu’à la fin du XVIIIe siècle serait à entreprendre.

    Bertrand Hugonnard-Roche


    Annexe - Petits ornements de l'édition portant le millésime 1784 décrite ci-dessus.






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    Vous allez vous dire : encore un article sur Habert de Montmor et ses reliures, chaque blog en a un ! Effectivement et c'est l'occasion de signaler celui du blog Histoire de la Bibliophilie.

    Cet article ne s'intéressera ici qu'au cas particulier des fameuses reliures aux fermesses d'Henri-Louis Habert de Montmor à travers deux aspects : la liste de ces livres et la liste des bibliophiles ayant possédé un (ou plusieurs) exemplaire(s). Ces reliures sont de Macé Ruette mais ont un temps été attribuées à Le Gascon (voir le catalogue Armand Cigongne, les bulletins Damascène Morgand, etc.).


    Description des reliures :

    Plein maroquin rouge d'époque bordé de quatre gerbes de pointillés dorés dans un encadrement de filets droits et courbes, fleurons aux angles, médaillon quadrilobé mosaïqué de maroquin (brun, bleu, vert, ou noir) au centre des plats portant le chiffre HLHM accompagné de quatre fermesses frappés or, dos orné de caissons et fleurons, dentelle intérieure, tranches dorées.

    Quelques remarques :
    • Esmérian estimait à environ 35 le nombre de volumes reliés ainsi par Macé Ruette pour Habert de Montmor. Nos recherches nous ont déjà permis d'identifier 47 volumes (pour 36 ouvrages différents). Il n'y en a probablement pas beaucoup plus qui ont survécu.
    • Marius Michel, qui attribuait ces reliures à Le Gascon, comme nombre de personnes avant Esmérian, les trouvait supérieures à d'autres travaux de Le Gascon. Voici ce qu'il en dit dans La Reliure française :
    • Le Gascon fit pour Habert de Montmort toute une série de ravissants petits in-douze ; ils ont presque tous des filets droits et courbes, et le milieu que nous donnons ci-dessous. Les fleurons des angles varient ; ils appartiennent à trois types bien distincts : les petits vases, les fers du dix-septième siècle et les pointillés. Comme reliure, ces petits volumes sont, en général, supérieurs aux livres de grand format dorés par maître le Gascon.

    • L'orthographe retenue aujourd'hui est Habert de Montmor mais on trouve anciennement Montmort ou plus rarement Montmaur.
    • On remarquera que la quasi-totalité des ouvrages datent d'avant 1635, et même d'avant 1631. Seuls deux ouvrages sont plus tardifs (1641). La page consacrée à Macé Ruette sur le site de la BnF mentionne "Du début des années 1620 jusqu'en 1634, on relève toute une série de reliures de petit format réalisées pour l'amateur Habert de Montmor (1600-1679), sur sa collection elzévirienne, qui offrent la particularité de comporter le nouveau matériel de dorure de l'atelier, avec des fers filigranés, agencés au centre des plats sous forme de petites gerbes". L'inventaire ci-dessous apporte donc des précisions.
    • On remarquera que les Elzevier décrivant les différents pays sont quasiment tous passés par Damascène Morgand puis Rahir. On peut supposer que l'ensemble ne devait donc pas être dispersé avant que Morgand ne les achète.
    Par commodité, l'article étant voué à évoluer au gré des trouvailles bibliographiques et des mises en ventes par des libraires ou des maisons de vente, la liste des livres sera faite dans l'ordre d'arrivée des ouvrages, avec un numéro qui restera identique quelques soient les modifications. Bien entendu, la liste des possesseurs sera alphabétique et nous indiquerons à chaque fois quel(s) exemplaire(s) a (ont) appartenu à chacun, avec si possible la date de vente de la bibliothèque.

    Par ailleurs, nous indiquerons aussi tout détail connu sur l'état des ouvrages (et notamment les restaurations éventuelles) ainsi que certains détails sur les passages en vente.


    Liste des ouvrages habillés de cette reliure :
    1. Fortunatus Sprecherus, F. Specheri Rhetia, ubi eius verus fitus, politia, bella, foedera, et alia memorabilia accuratissime describuntur. Leyde, Elzevier, 1633.
      Présence d'une boîte-étui (moderne).
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°4818
    • Repertoire général et méthodique de la librairie Morgand et Fatout, 1882, n°4097
    • vente Fraysse & Associés, Paris, Drouot, 3 octobre 2018, n°18
  • Ubbonus Emmius, Graecorum Respublicae descriptae. Leyde, Elzevir, 1632. 2 volumes.
    • Librairie Damascène Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°116
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°11 - collection Esmérian deuxième partie
    • vente Paris, Drouot, 30 novembre 1998, n°33 - collection Paul-Louis Weiller
  • Dominique Baudier, Induciarum belli belgici libri tres. Editio tertia prioribus emendatior. Leyde, Elzevier, 1629.
    Discrètes restaurations à la reliure.
    • vente Paris, 3 mars 1879, n°890
    • Librairie Damascène Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°113
    • vente Christie's, Paris, 8 novembre 2004, n°41 - collection Wittock deuxième partie
    • vente Alde, Paris, 12 novembre 2015, n°26 - collection Wittock sixième partie
    • vente Alde, Paris, 14 novembre 2017, n°27 - collection Wittock septième partie
  • William Ames, Bellarminus enervatus, sive disputationes anti-Bellarminianæ. Londres [Amsterdam ?], John Humphrey [Blaeu ?], 1632-1633.
    Mosaïque du médaillon du premier plat absent, décor repris à la dorure.
    • vente Alde, Paris, 14 novembre 2017, n°28 - collection Wittock septième partie
  • Saint Augustin, Libri XIII Confessionum, ad 3 MSS. exemp. emendati, opera et studio R.P. H. Sommalii, a Societate Jesu. Cologne, Egmond, 1629.
    Mors supérieur fendu.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°10 - collection Esmérian deuxième partie
    • vente Alde, Paris, 8 avril 2016, n°2
  • Thomas Smith, De Republica anglorum, libri tres. Leyde, Elzevir, 1625.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°8 - collection Esmérian deuxième partie
  • Titus-Carus Lucretius, De rerum natura. Amsterdam, Jansson, 1626.
    • vente Paris, 1er mai 1860 et jours suivants, collection Clinchamp, n°154
    • vente Paris, 19 novembre 1860 et jours suivants, collection Solar, n°923
    • vente Paris, 25 au 30 mars 1901, collection Guyot de Villeneuve n°590
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°9 - collection Esmérian deuxième partie
  • Tite-Live, Historiarum Libri. Amsterdam, Blaeu, 1633.
    • vente Paris, 31 janvier au 5 février 1898, collection Piat, n°761
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°12 - collection Esmérian deuxième partie
  • Philippe Cluvier, Respublica et status imperii Romano-Germanici. Leyde, Elzevier, 1634. 2 volumes.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°13 - collection Esmérian deuxième partie
  • Iosiae Simler, Vallesiae et Alpium descriptio.  Leyde, Elzevier, 1633.
    Charnières restaurées ?
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 13 mai 1985
  • Giannotti. Dialogi de Republica Venetorum. Leyde, Elzevier, 1631
  • Hippocrate, ’Αφορισμοϊ, Leyde, Elzevier, 1628
  • Hermano Hugone, Pia Desideria, editio IV, vulgavit Boëtius a Bolswert. Louvain, Hatfenius, 1628.
    • vente Paris, 1861 - collection Armand Cigongne n°108 indiqué comme reliure aux armes, attribuée à Le Gascon
  • Hippocrate, Aphorismi Hippocratis, ex recognitione A. Vorstii M.P. Leyde, Elzevier, 1627.
    • vente Paris, 1861 - collection Armand Cigongne n°252 indiqué comme reliure aux armes, attribuée à Le Gascon
  • Pierre Gilles, De Bosporo Thracio lib. III. Leyde, Elzevier, 1632.
    Charnières restaurées
    • vente Bergé et associés, Paris, 31 mai 2005
  • Marcus Valerius Martial, Epigrammata. Nova editione e museo Petri Scriverii. Amsterdam, Jansson, 1621.
    • vente Ader-Tajan-Picard, Paris, 20 décembre 1991
  • Claudien, Ex optimorum codicum side. Amsterdam, Jansson, 1620.
    • vente Couturier-Nicolay, Paris, 22 mars 1985
  • Honoré d'Urfé, L'Astrée de Messire Honoré d'Urfé. Paris ou Lyon, 1618 à 1632. 5 volumes.Série complète mais publiée par 4 éditeurs différents.
    1. vente Paris, 1867, collection Yemeniz n°2386 - provenance non signalée
    2. vente Paris, 25 au 30 mars 1901, collection Guyot de Villeneuve n°1021
  • Suecia, Suecia sive de Suecorum Regis Dominiis et opibus. Leyde, Elzevier, 1631.
    • Reproduction annoncée dans Racontars illustrés d'un vieux collectionneur par Charles Cousin (publié en janvier 1888)
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5333
    • Bulletin Damascène Morgand, 1892-1895, n°26456
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29939
  • Ovide, Publ. Ovidii Nasonis opera. Amsterdam, Jansson, 1624. 3 volumes
    • vente Paris, 28 novembre 1860, collection Solar, n°949.
    • signalée en 1860 dans ouvrage Catalogue des livres et manuscrits composant la bibliothèque de M. Félix Solar (Paris, Firmin-Didot) sous le n°718, mais il ne s'agit pas du catalogue de la vente publique.
    • Paris, Librairie Potier, 1863, n°1425
  • Salluste, C. Crispus Sallutius, ex museo Iohann, Isaci. Pontani. Amsterdam, Jansson, 1627
    • reliure reproduite dans Le Bibliophile français, volume 6, 1872, p.116 avec la mention de la collection Morante ainsi que dans La Reliure ancienne et moderne de Brunet, 1878.
    • vente Paris, 20 janvier 1873 & jours suivants, collection Morante, n°1581
    • vente Paris, 1877 ou 1881 (?), collection Ganay, n°223
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°7831
  • Cicéron, M.T. Cicero de Officiis (de Senectute, de Amicitia, Paradoxa, etc.). Amsterdam, Cesius, 1625.
    • vente Paris, 20 avril 1868 et jours suivants, collection Brunet, n°82
  • Horace, Quinti Horatii Flacci opera. Amsterdam, Cesius, 1623.
    • Paris, 20 & 21 mai 1889, collection Techener, n°64
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°17547
  • Cardanus, Hieronymi Cardani Mediolanensis [etc]. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°18534
  • Cardanus, Proxeneta, seu de Prudentia civili liber. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Willems, Les Elzevier, n°272
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29447
  • Léon l'africain, Joannis Leonis Africani Africae descriptio IX lib absoluta. Leyde, Elzevier, 1632. 2 volumes.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°18907
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29710
  • Belgii confoederati Respublica : seu Gelriae, Holland, Zeland, Traject., Fris., Transisal., Groning, Chronographica politicaque Description. Leyde, Elzevier, 1630.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°4608
  • Portugallia, sive de regis Portugalliae regnis et opibus commentarius. Leyde, Elzevier, 1641.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5143
  • Russia seu Moscovia, itemque Tartaria, commentario topographico atque politico illustratae. Leyde, Elzevier, 1630.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5280
  • Erasme, Erasmus : Morus Orandi Deum [etc.]. Leyde, Maire, 1641.
    4 ouvrages en 1 volume.
    • vente Paris, 31 janvier au 5 février 1898, collection Piat, n°705
  • Bellarmin, De Arte bene moriendi libri duo, op. card Bellarmini. Cologne, 1626.
    • Catalogue de livres rares et curieux de la librairie Auguste Fontaine, 1878-1879, n°111bis
  • Respublica sive status Regni Poloniae, Lituaniae, Prussiae, Livoniae, etc. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Bulletin Damascène-Morgand, 1883-1886, n°9005
  • Just. Lipsi de constantia libri duo. Amsterdam, Cesius, 1624.
    • Cabinet d'un curieux, description de quelques livres rares, (Lucien Double), n°66
  • Jo. Barclaii Argenis. Editio novissima cum clave. Leyde, Elzeviez, 1630.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°114
  • Orbis Phaëton hoc est de Universis Vitiis Linguae auctore Hieremia Drexelio. Cologne, Egmond, 1631.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°115
  • P. Bertii Commentarium rerum Germanicarum libri tres. Primus, de Germania Veteri, secundus, a Carolo Magno deinceps, tertius, de Urbibus. Amsterdam, Blaeu, 1634-1635. 3 volumes.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°121



    Liste des possesseurs :
    • séminaire jésuite de Perpignan : n°4 (ex-libris sur le titre)
    • Aumale (duc d') maintenant au musée Condé à Chantilly : n°12
    • Brunet (Jacques-Charles) : n°22
    • Chanut (abbé Michel) : n°5 (ex-libris manuscrit)
    • Cigongne (Armand) : n°13, 14
    • Clinchamps (François-Etienne-Victor de) : n°7
    • Desbarreaux-Bernard (Tibulle) : n°3 (ex-libris), n°25
    • Double (Lucien) : n°10, 33
    • Esmérian (Raphaël) : n°2 (ex-libris), 3 (absent de son catalogue, ex-libris), 5, 6, 7, 8, 9, 10 (absent de son catalogue)
    • Ganay (Charles-Alexandre, marquis de) : n°21
    • Guyot de Villeneuve (Gustave) : n°7, 18
    • Laviolette (André) : n°1 (ex-libris)
    • Lebeuf de Montgermont (Adrien-Louis) : n°2
    • Morante (Joachim Gomez de la Cortina, marquis de) : n°21
    • Olry-Roederer (Léon) : n°9
    • Piat (Alfred) : n°30
    • Schiff (Mortimer L.) : n°10 (ex-libris), n°17
    • Solar (Félix) : n°7, 20
    • Techener (Léon) : n°23
    • Van Der Eslt (Charles) : n°10 (ex-libris)
    • Weiller (Paul-Louis) : n°2 (vente de sa bibliothèque)
    • Wittock (Michel) : n°3, 4
    • Yemeniz (Nicolas) : n°18
    Bien entendu, nous sommes preneurs de toute information complémentaire.

    Benoît

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          Cette petite étude fait suite à celle que nous avons donné dernièrement concernant l'édition des Liaisons dangereuses portant le millésime 1784 et l'adresse "A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand Neveu. VOIR ICI.

          Avoir un exemplaire en mains est l'occasion pour le libraire d'en faire une description précise. Cette description est d'autant plus utile lorsque les bibliographes ne se sont pas penché sur son cas. C'est ce qui semble être le cas pour cette édition ancienne des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos parue sous le millésime de 1788 à l'adresse d'Amsterdam et Paris, chez Durand neveu.

          La bibliographie de référence concernant les éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782 a été écrite en 1963 par Max Brun et tirée à part de la revue "Le Livre et l'Estampe"(n°33 - Premier numéro de 1963). Cette petite plaquette au format in-8 (22 x 14 cm env.) se compose de 64 pages dont 1 tableau dépliant et quelques reproduction de pages de titres en fac-similés. Comme sont titre l'indique, cette étude s'attache à répertorier en détail les différents tirages et éditions portant la date de 1782. Néanmoins, à la fin, l'auteur cite et donne quelques intéressantes informations sur d'autres éditions postérieures portant les dates de 1787, 1792 et 1796. Rien n'est dit cependant concernant cette édition portant le millésime de 1788 dont nous donnons la description comme suit :

          L'édition que nous allons décrire porte le millésime M. DCC. LXXXVIII. [1788] sur les 4 pages de titre. Les volumes que nous avons en main sont de format in-12 (Hauteur des marges : 180 mm. - exemplaire broché ayant conservé ses marges). L'exemplaire étudié est broché conservé sous couverture de papier à la colle bleu (probablement légèrement postérieur, vers 1800/1820). Voici le texte des pages de titre. le symbole // marque la césure telle qu'elle apparaît sur chaque page de titre. Nous respectons l'orthographe et indiquons entre crochets [] les éléments qui donnent des informations supplémentaires.


    Description :

          Il n'y a pas de faux-titre pour aucune des quatre parties.

    Première partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES,// OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // PREMIÈRE PARTIE. // [fleuron composé typographique] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

    Seconde partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // SECONDE PARTIE. // [fleuron composé typographique  - identique à celui de la partie 1] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

    Troisième partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // TROISIÈME PARTIE. // [fleuron composé typographique  - différent de celui de la partie 1 et 2] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

    Quatrième partie :

    LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // QUATRIÈME PARTIE. // [fleuron composé typographique  - différent de celui de la partie 1 et 2] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

          On constate une parfaite homogénéité des 4 pages de titre à l'exception des fleurons qui changent pour les parties 3 et 4 (identiques pour les deux premières et identiques pour les deux suivantes).


    Voici le détail de la pagination :

    Première partie : le feuillet de titre, l'avertissement de l'éditeur et la préface du rédacteur sont compris dans la pagination (I) à X. La première lettre commence à la page 11 jusqu'à la dernière page 160.

    Seconde partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 155 pages chiffrées au total.

    Troisième partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 148 pages chiffrées au total.

    Quatrième partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 159 pages chiffrées au total.


    Répartition des lettres selon les parties :

    La première partie contient les lettres 1 à 50.

    La seconde partie contient les lettres 51 à 87.

    La troisième partie contient les lettres 88 à 124.

    La quatrième partie contient les lettres 125 à 175.


    Papier :

          Le papier utilisé pour l'impression des 4 parties est d'assez bonne qualité, à vergeures horizontales. Nous n'avons pas relevé de filigrane.


    Ensemble ornemental :

          Nous donnons l'ensemble des petits ornements en annexe à la fin de cet article (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe, avec à chaque fois leur emplacement dans les différentes parties). L'ensemble du matériel typographique est assez réduit.


    Leçons que l'on peut tirer d'après l'étude de Max Brun :

          Cette édition portant le millésime de 1788 possède une pagination très différente de toutes les éditions portant le millésime de 1782 décrites par Max Brun. Le nombre de page est le plus réduit que nous avons pu constater (160 + 155 + 148 + 159). Le tirage est grand in-18 (180 mm de marges). Le nombre de petits ornements (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe) utilisés est très réduit. On remarque une similitude d'ornements entre les parties 1 et 2 et les parties 3 et 4.

         Si l'on compare maintenant quelques erreurs communément repérées dans d'autres tirages avec celui-ci de 1788, nous avons :

    - La lettre XVIII est datée du 22 août 17.. (diffère de A qui est daté du 20).
    - La lettre XXI est datée du 5 août (diffère des premiers tirages A, B, C).
    - La lettre XXIII est bien datée du 21 août comme dans A.
    - La lettre LI est datée du 9 août (au lieu du 2 septembre pour les premières éditions de 1782).
    - Dans la note de la lettre VII, il est écrit "des autres Acteurs"
    - La dernière lettre (CLXXV) est pas datée du 14 janvier (contrairement au tirage A qui n'est pas daté).

          Alors que les éditions A, B, C, D décritent par Max Brun comportent 978 pages, l'édition E, 976, l'édition F, 975, l'édition G, 770, l'édition de 1784 n'en contient que 767 (199 + 188 + 175 + 208). Celle-ci, encore plus ramassée, n'en contient que 622.

    Conclusion :

          L'édition portant le millésime de 1788 est de format in-12 (environ 180 mm) et est très éloignée de toutes les éditions de 1782 décrites par Max Brun.

          Cette édition a-t-elle été donnée par Durand Neveu ou s'agit-il d'une contrefaçon ? Nous ne savons pas. Une comparaison minutieuse des ornements permettrait sans doute de se faire une idée.

          La même année 1788 parait également en 4 tomes une édition des Liaisons dangereuses augmentée d'une correspondance de l'auteur avec Madame Riccoboni, avec d'autres pièces (la pagination : 1 ff (titre), 52pp (xji puis 17 à 52) ; 1 ff (titre), 134 pp; 1 ff (titre), 136 pp; 1 ff (titre), 132 pp et 147 pp. est encore différente. Les exemplaires datés 1788 selon notre description semblent peu communs. Le Catalogue Collectif des Bibliothèques de France en conserve peut-être un exemplaire (mais sans pagination détaillée ce qui ne nous permet pas d'être affirmatifs sur le fait qu'il s'agit de la même édition).

          Il faut donc se résoudre à penser qu'il existe des dizaines de tirages des Liaisons dangereuses parus entre 1782 et 1788, sur un même modèle (4 partie in-12 ou petit in-12 avec disposition identique ou quasi identique des pages de titre). Max Brun ne s'est attaché qu'au millésime 1782 et aux millésimes particuliers (complètement différents) de 1787, 1792 et 1796. Une nouvelle édition regroupant l'ensemble des tirages parus jusqu’à la fin du XVIIIe siècle serait à entreprendre.

    Bertrand Hugonnard-Roche


    Annexe - Petits ornements de l'édition portant le millésime 1788 décrite ci-dessus.








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    Je tiens à rassurer l'auditoire : La Langue n'entre pas dans la catégorie des curiosa que je peux parfois mettre en avant ici. Bien qu'un chapitre soit consacré à la Langue de l'amour et un autre à la Langue des Femmes ... Nous allons tenter de présenter cet ouvrage de manière attrayante pour le bibliophile au bon usage de sa langue.

    L'exemplaire que nous avons sous les yeux se présente ainsi : 2 volumes de format in-8 (17,5 x 10,5 cm). Volumes conservés dans leur reliure de l'époque en veau brun. Voici la description matérielle des deux volumes :

    Volume 1 : Page de titre : LA // LANGUE. // ON CONNOISTRA EN QUOY // consiste l'utilité de cet ouvrage, par la // lecture des Averstissemens qui le précèdent. // TOME I. // [grand fleuron gravé sur bois] // A PARIS, // Chez URBAIN COUSTELLIER, rue Saint // Jacques, au-dessus de la rue des Mathurins, // au Coeur-Bon. // ET // Chez CLAUDE PRUD'HOMME, au sixième Pillier // de la grand'-Salle du Palais, vis à vis l'Escalier de la // Cour des Aydes, à la Bonne Foy couronnée. // [filet mince] // M. DCCVII. // Avec Approbation & Privilège du Roy.

    Pagination : Frontispice gravé à l'eau-forte placé en regard de la page de titre : Un homme monté sur une estrade en train de parler devant une assemblée. La gravure porte cette légende : Taisez-vous, ou dites des choses qui soient meilleures que le silence. Pythagore. Pour le Livre intitulé La Langue, qui se vend à Paris rue St Jacques au Coeur-Bon. A la suite de la page de titre suivent 13 feuillets non chiffrés comprenant une épître à M *****, un Avertissement sur cet ouvrage, la Table, l'Approbation et le Privilège du Roi. Le texte commence à la page 1 (feuillet signé A) jusqu'à la page chiffrée 403. Au verso de la page 403 se trouve les fautes à corriger (errata). Relié à la suite : LETTRE // SUR LE LIVRE // INTITULE, // LA LANGUE. // [vignette gravée sur bois] // A PARIS, // Chez JEAN MUSIER, Quay des Au- // gustins, à la descente du Pont-Neuf, // à l'Olivier. // [filet mince] // M. DCCVI. // Avec Approbation & Permission. 24 pages y compris le titre et la dernière page non paginée.

    Volume 2 : Page de titre : LA // LANGUE. // TOME II. // [grand fleuron gravé sur bois - différent de celui du premier volume] // A PARIS, // Chez URBAIN COUSTELLIER, rue Saint // Jacques, au-dessus de la rue des Mathurins, // au Coeur-Bon. // ET // Chez CLAUDE PRUD'HOMME, au sixième Pillier // de la grand'-Salle du Palais, vis à vis l'Escalier de la // Cour des Aydes, à la Bonne Foy couronnée. // [filet mince] // M. DCCVII. // Avec Approbation & Privilège du Roy.

    Pagination : 4 feuillets non chiffrés y compris la page de titre, un Avertissement, et la Table. Le texte commence à la page 1 (feuillet signé A) jusqu'à la page chiffrée 545. Au verso de la page 545 commence un Table des matières par ordre alphabétique suivie des Fautes à corriger (errata). A la suite se trouve l'Approbation et le Privilège du Roi (4 feuillets en tout non chiffrés).


    Quelques remarques sur ces deux volumes :

    Le premier volume, daté 1707 sur la page de titre, possède une Approbation datée de Paris (signée RAGUET), le 11 décembre 1704 et un Privilège donné à Versailles le 11 janvier 1705. Le deuxième volume, daté également 1707 sur la page de titre, possède une Approbation datée de Paris (signée FONTENELLE), le 3 août 1706 et un Privilège, donné à Versailles le 11 janvier 1705 (même privilège que pour le premier volume).

    Nous avons comparé le premier volume que nous possédons avec un exemplaire de l'édition donnée sous la date de 1705 uniquement à l'adresse du libraire Urbain Coustellier. Après vérification il s'avère que l'édition que nous avons sous la date de 1707 parue sous les deux noms des libraires Coustellier et Prud'homme est strictement identique à celle publiée sous la date de 1705 sous le seul nom de Coustellier. Notre édition de 1707 n'est autre qu'une remise en vente avec le titre qui a été changé. Ce titre changé en 1707 porte la mention "TOME I." et permettait donc d'annonce un "TOME II." qui n'était pas initialement prévu lors de la parution de l'ouvrage au début de l'année 1705. Le deuxième volume qui porte l'année de 1707 possède bien une approbation spécifique en date du 3 août 1706.

    Autres éditions du même ouvrage :

    - 1705. Chez Elie Yvans, Rotterdam. pp. [22], 302 [i.e. 402]. (correspond au premier volume uniquement).
    - 1708. Chez Charles Le Clerc, Paris, front., (15) ff., 403 pp. ; (4) ff., 545 pp., (4) ff. ; 24 pp. (Lettre sur le livre intitulé la langue).
    - 1713. Suivant le copie de Paris ; A Maestricht : chez Jacques Delessart. 379 pp. in-12.
    - 1714. A Maestricht : chez Jacques Delessart. ?
    - 1716. Maestricht. 2 vol. in-12. ?
    - 1720. Chez Le Clerc, Paris. 388 pp. 2 volumes in-8.

    Ces descriptifs ayant été pris via le Catalogue Collectif des Bibliothèques de France (CCfr), d'après des notices non homogènes quant à la description matérielle le plus souvent lacunaire. La plupart indiquent in-12 alors qu'il s'agit nous pensons à chaque fois de format petits in-8 d'après les signatures des cahiers des exemplaires que nous avons pu consulter. Il n'est donc pas facile de savoir combien d'éditions à proprement parler a connu cet ouvrage. Ce qui est certain c'est que les éditions de Paris parues en 1705, 1707 et 1708 sont à priori une seule et même édition. Le deuxième tome n'apparaissant qu'à la date de 1707. Si ce livre semble avoir connu un certain succès (contrefaçon hollandaise et réimpressions jusque dans les années 1720), il semble aussi que l'auteur a joué de ses relations avec ses éditeurs pour mettre et remettre son ouvrage plusieurs fois de suite à la vitrine des librairies pour tenter le lecteur.

    Quelques informations sur l'auteur et ce livre :

    Nous ne ferons pas la vie de l'abbé Laurent Bordelon dans le détail. Son oeuvre immense et hétéroclite est bien connue des bibliophiles et des curieux. Nous redirons seulement qu'il est né en 1653 à Bourges et qu'il est mort à Paris en 1730. On lui doit une centaine de volumes sur à peu près tous les sujets, du plus sérieux au plus étrange. Il est surtout connu des bibliophiles pour son Histoire des imaginations extravagantes de monsieur Oufle, servant de préservatif contre la lecture des livres qui traitent de la magie, du grimoire, des démoniaques, sorciers ... des esprits-folets, génies, phantòmes & autres revenans ; des songes, de la pierre philosophale, de l'astrologie judiciaire (ouvrage paru pour la première fois en 1710. On  lui doit aussi Mital, ou Aventures incroyables ...(1708), Les Tours de Maître Gonin (1713). Il a fait paraître aussi l'Esprit de Guy Patin, des Dialogues divers et variés, etc. On lui reconnaît un sens inné de la facétie et de l'ironie mordante doublés d'une écriture simple basée sur ses observations de l'homme sous toutes ses coutures. On le classe parmi les utopistes et les progressistes malgré un évident conservatisme moralisateur prôné dans la totalité de son oeuvre.

    Que contient La Langue ?

    Si nous prenons l'Avertissement placé en tête du premier volume (le seul initialement prévu) on lit : " Je ne dirai point ici, que j'ai composé ce Livre à la sollicitation de mes amis, et que je n'ai permis qu'on le mît sous la presse, qu'après plusieurs prières qu'ils m'en ont fait ; car j'imposerais au Public, si je parlais de la sorte, puisque je n'ai communiqué mon dessein à qui que ce soit : et ainsi je ne me justifierai point aux dépens des autres, si le Public ne le reçoit pas aussi bien, qu'il est naturel à un Auteur de le souhaiter. Je ne me propose propose point d'autre but, en mettant cet Ouvrage au jour, que d'apporter quelque utilité à ceux qui le liront, en leur faisant par de l'attention et des réflexions continuelles, dont je me suis servi depuis quelques années, et dont je me sers tous les jours, pour bien gouverner ma langue ; parce que j'ai toujours remarqué, que rien n'est plus dangereux, que de ne la savoir pas régler, et qu'elle contribue beaucoup au bien et au mal que nous ressentons. Nos chutes viennent d'ordinaire de nos faux jugements ; nos faux jugements de nos fausses impressions ; et ces fausses impressions du commerce que nous avons les uns avec les autres par le langage. La langue est comme le timon de notre conduite : quoiqu'elle soit une très petite partie, elle ne laisse pas d'être la plus importante du vaisseau, parce qu'elle le tourne comme il lui plait. Si nous y faisons bien attention, nous trouverons que le parler, cause en partie le bien et le mal qui nous arrive : c'est très souvent à cause de nos paroles, que nous nous faisons aimer ou haïr ; estimer ou mépriser ; négliger ou craindre : elles servent à nous porter à l'élévation, ou à nous précipiter dans l'abaissement ; à nous procurer les richesses, ou à nous faire recevoir avec agrément, ou à nous faire rejeter avec indignation. Enfin, c'est presque toujours de nos paroles, que l'on décide de ce que nous valons. Que l'on ne croit donc pas que ce soit l'amour propre, l'envie d'écrire, l'avidité de faire parler de moi, qui m’aient engagé à rendre ce Livre public : je veux seulement montrer aux autres le chemin que je tiens dans ma conduite, quand il s'agit de parler : s'ils ne le jugent pas bon, qu'ils ne le suivent point. Je donne ce que je pense ; non pas ce que je crois qu'on doive absolument penser : ce sont ici mes pensées, mes réflexions, mes conjectures ; elles seront des décisions seulement pour ceux, qui penseront, qui réfléchiront, qui conjectureront comme moi. Ce ne sont point tant des leçons que je donne aux autres, comme le récit des leçons que je me suis données à moi-même, et que j'ai tâché de mettre en usage. Si on en les juge bonnes, ne doit-on pas aussi-bien que moi, faire des efforts, pour s'en bien servir ? Il n'y a personne qui ait un privilège, qui le dispense de suivre la vérité, la justice et la raison, qui que ce soit qui les montre. On sait les définitions des vices et des vertus ; on connait ce qui est bon et mauvais ; on voit de tous côtés des livres, qui apprennent comment il faut penser, comment il faut parler, comment il faut agir : ici des caractères et des portraits des mœurs ; là des réflexions et des remarques sur la conduite des hommes ; ici des règles de la vie civile ; là des conseils, des avis, des sentiments, des maximes sur les devoirs de tous les états : mais où sont vos pratiques ? où trouve-t-on des Auteurs qui témoignent travailler, à mettre eux-mêmes en usage leurs avis et leurs règles, afin d'en prouver la possibilité, ou la facilité par leur exemple ? Rien n'est plus facile que de parler, aussi voyons-nous de grands et beaux parleurs : rien n'est plus difficile que de faire ; aussi voyons-nous très peu de faiseurs. On ne doit donc pas trouver mauvais si, en montrant ici comment il faut régler sa langue, je dis avec tant de sincérité, ce que je fais pour bien régler la mienne. Je ne prétends pas obliger mes lecteurs de croire que ma pratique soit un fidèle exercice des règles qu'on m'a données de bouche, ou que j'ai trouvées par mes lectures, ou que j'ai moi-même imaginées : je veux seulement leur dire ce que j'ai fait, pour tâcher de profiter de toutes ces instructions. J'avoue, à ma confusion, que je suis bien au-dessous de la perfection que je me suis proposée ; je le reconnais de bonne foi ; et cette reconnaissance m'est d'autant plus salutaire, qu'elle m'excite à faire de nouveaux progrès dans la pratique des conseils qu'on trouvera ici. Je parle dans ce Livre souvent de moi, non pas, parce que je crois que le Public se soucie de me connaître, ou que je désire me faire connaître au Public. (Je souhaite, au contraire, de tout mon cœur, me pouvoir bien cacher :) mais seulement pour lui faire part des réflexions et des pratiques, dont ce moi s'est servi, et se sert tous les jours pour sa conduite, comme de moyens qu'il a crû être les meilleurs, pour parler avec discrétion, ou pour se faire avec prudence. Si l'on se plaint que je parle trop de moi ; je me plains de mon côté, de ce qu'on ne parle pas assez de soi. Je serais plus touché des discours d'un Auteur, qui me dirait : Je travaille d'une telle manière, pour éviter un tel défaut, pour acquérir une telle perfection ; que quand il me dit, faites ceci, faites cela, sans me montrer par sa propre expérience, qu'il est aisé de mettre en pratique ce qu'il me conseille. Je proteste donc que la présomption ne m'excite point du tout à parler de moi : je me trouve trop éloigné des perfections qui m'en pourraient fournir le prétexte. Enfin, si ce moi peut choquer ; si l'on prétend que je ne pratique pas, ce que j'assure que je pratique ; hé bien, sans perdre du temps dans un examen de censure à mon égard, qu'on examine seulement si ce que je dis, est praticable, et utile à pratiquer. Pour moi, quand j'entends dire, Voilà des Auteurs, qui donnent de belles instructions, mais il ne les pratiquent point. Hé bien, dis-je, pratiquons-les pour eux, ils ne nous les donnent que pour cela. On ne chicane point tant, quand on fonge de bonne foi à la perfection. J'ai fait ce Livre, et ce Livre me fait tous les jours : plus je réfléchis sur ce qu'il contient, plus je me lime et me perfectionne. L'amour propre produit peut-être cette utilité, par la prévention où je puis être pour mon ouvrage : quoiqu'il en soit, l'utilité est produite. Peut-on mieux employer son amour propre, que de s'en servir pour se rendre meilleur ? Avec cette utilité, qui me perfectionne, je me trouve encore si imparfait, que je ne demanderais qu'à me cacher, si je le pouvais. La perfection dont je parle, mérite plutôt le nom d'une imperfection qui diminue, que celui de perfection. Ce ne sont point ici des abstractions métaphysiques, des avis plus spirituels que praticables, ni des idées de ces perfections si élevées, qu'on désespère presque toujours d'y pouvoir atteindre : mais ce sont des vérités, pour ainsi dire, familières, et des pratiques qui sont à la portée de tous ceux qui voudront les essayer. Si cependant personne ne lit mon Livre, je me consolerai avec mon intention, qui est bonne, et avec l'utilité que je tire tous les jours des sentiments qu'il renferme. Je n'accuserai personne d'injustice ; je me dirai seulement à moi-même, que je me suis trompé, en me persuadant, que je donnais un Ouvrage, qui pouvait être bon à quelque chose : je m'en rapporterai assurément plus volontiers au jugement du Public, qu'au mien propre : on est d'ordinaire très méchant juge, dans sa propre cause. Si les délicats ne trouvent pas tout l'arrangement, toute la politesse, et toutes les scrupuleuses dictions qu'ils demandent, je serai content, pourvu qu'ils me comprennent ; (ce qui ne sera pas bien difficile, ) pourvu qu'ils conviennent, que ce que je dis, est bon à suivre, et qu'ils le suivent en effet ; je n'en souhaite pas davantage ; et eux, ce me semble, n'ont rien de plus à souhaiter. Quoi ! voudraient-ils condamner une bonne maxime de Morale, pour un petit défaut de Grammaire ? qu'on ne cherche donc pas ici à parler poliment, mais à parler judicieusement : je ne négligerai pas le premier ; mais je ferai ma principale affaire du second. On remarquera peut-être ici quelques sentiments, qu'on aura remarqué ailleurs, et dont je ne cite point les Auteurs : comme les lectures que je fais depuis quelques années, ne tendent qu'à régler ma conduite, je ne doute point qu'on ne trouve ici beaucoup de vestiges, outre celles que j'ai citées. Je rends de tout mon cœur ces sentiments  à ceux à qui ils appartiendront : si je me ressouvenais de ceux à qui je les dois rendre, j'en nommerais volontiers les Propriétaires : mais je les ai tellement remaniés et médités, pour mon utilité, que j'ai oublié la source d'où je les ai tirés, et que je m'imagine qu'ils sont miens : et ainsi que ceux qui cherchent plus à critiquer les Livres, qu'à en profiter, prennent bien garde, en voulant me censurer, d'attaquer des gens qui sont beaucoup plus habiles que moi. Montaigne disait agréablement à ce propos : à escient j'en cache l'auteur, pour tenir en bride la témérité de ces sentences hâtives, qui se jettent sur toutes sortes d'écrits ... Je veux qu'ils donnent une nazarde à Plutarque sur mon nez, et qu'ils s'échaudent à injurier Senèque en moi."

    Voici la table des chapitres du premier volume : De la conversation. La langue du babillard. La langue du silencieux. La langue du diseur de bons mots. La langue du polisson. La langue du railleur. La langue de celui qui dispute. La langue de l'opiniâtre. La langue de l'étourdi. La langue du Complimenteur. La langue de celui qui loue. La langue du flatteur. La langue du menteur. La langue de celui qui se vante. La langue du médisant. La langue de celui qui jure. La langue de celui qui promet. La langue du nouvelliste. La langue de celui qui fait des rapports. La langue de celui qui conseille. La langue de celui qui fait des réprimandes. La langue de celui qui instruit. La langue de celui à qui on confie, ou qui confie un secret. La langue des femmes. La langue de l'amour. La langue de celui qui se plaint. La langue de celui console.

    Le second volume (qui comme nous l'avons vu n'était pas prévu à l'origine) ne contient qu'un seul Traité, celui de la Langue de celui qui fait attention. Néanmoins ce seul traité des Attentions occupe plus de place encore que le premier volume. Ce second volume est divisé en une multitude de chapitres sur les Attentions. Attentions sur les sciences et les savants, sur les auteurs et les livres, la critique et la satire, la philosophie et les philosophes, l'histoire et les historiens, l'éloquence et les orateurs, la médecine et les médecins, la chimie et les chimistes, la poésie et les poètes, la musique et les musiciens, attentions sur les femmes, sur l'amour, les spectacles, la dévotion et l'hypocrisie, les ecclésiastiques, les personnes religieuses, la magistrature, la guerre et les guerriers, la cour et les courtisans, les publicains, le mariage et les gens mariés, la noblesse et les nobles, sur l'orgueil, la gloire et les grandeurs, la supériorité et la dépendance, les richesses et la pauvreté, les amis et les ennemis, la crédulité, l'opinion et la coutume, la prévention, la superstition, la retraite et la solitude, sur la connaissance de soi-même, la liberté, les afflictions, la jeunesse et les jeunes gens, la vieillesse et les vieillards, le commerce de la vie civile, différents sujets.

    Concernant le petit opuscule relié à la suite du premier volume, publié à la date de 1706, et intitulé Lettre sur le livre intitulé La Langue (paru chez Musier à Paris avec une Approbation datée du 20 décembre 1705 et une Permission datée du 27 mars 1706, l'auteur est semble-t-il resté anonyme. Le texte est amusant à lire et le style pourrait faire penser à Bordelon lui-même comme auteur facétieux de cette publicité digne d'un marketing avancé. En effet, après avoir signalé cet ouvrage étonnant, curieux, bizarre, dont le titre si court en contient si long, l'auteur finit par vanter les mérites de ce texte très-utile. On lit au début, et c'est sans doute ce que tout le monde aura pensé en lisant le titre de ce billet : "Les polissons mêmes en ont plaisanté. Est-ce une langue de boeuf, de mouton, une langue fourrée ? Il n'y a pas de livre dont on parle plus par tout le monde que celui-ci, disait un autre, car en quelque endroit qu'on parle, on n'y parle que de La Langue."

    Conclusion expiatoire :

    On a envie de dire : Ouf ! c'est fini ! En fait, dans la pratique (puisque Bordelon nous invite à la pratique), ces petits chapitres se lisent très bien et se picorent un peu en tous sens. C'est d'ailleurs assez bien écrit et se lit beaucoup mieux aujourd'hui que le Théâtre de Voltaire ! On trouve dans ces deux épais volumes beaucoup de pragmatisme dans le comportement à adopter face à l'autre dans l'échange. On y apprend aussi beaucoup sur l'esprit humain si difficile à appréhender dans la multitude des possibilités d'expressions qu'il revêt. Avec son Moi ébouriffé Bordelon nous invite presque à une longue séance de psychanalyse avant l'heure. Finalement l'humain du début du XVIIe siècle n'est guère différent de celui de ce début de XXIe siècle (quelques problèmes cognitifs en plus mis à part). Les méchants, les gentils, les vilains, les riches ou les pauvres, les vantards ou les méprisants, il faut faire avec toute cette soupe des sentiments humains qui nous contamine tous un peu (beaucoup) chaque jour, aujourd'hui plus que jamais.

    Nous conclurons cette petite présentation par un passage tiré de l’Évangile selon Bordelon, à savoir les Attentions sur les Femmes. Bordelont écrit :

    "Les femmes sont dangereuses pour les hommes ; parce qu'elles cherchent à plaire, et qu'il est bien difficile de ne se pas rendre à leurs attraits ; parce que leurs vertus peuvent causer d'une certaine manière en nous d'aussi grands désordres, que leurs vices ; parce qu'elles ne blessent pas moins par leur modestie, que par leur beauté ; parce qu'elles peuvent détruire par leur seule présence, les projets de perfection les plus assurés ; parce qu'elles peuvent triompher par un simple regard, des réfutations les plus fières ; parce qu'elles peuvent ruiner par une légère marque d'affection, les habitudes de vertu les plus invétérées."

    Parole d'abbé !

    PS : merci d'avoir lu jusqu'au bout ... vous êtes un lecteur ou une lectrice méritant.e.s (inclusivement parlant je veux dire).

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne


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    Suite (complète ?) de 12 dessins reproduits en héliogravure par un artiste resté inconnu ... pour un livre resté mystérieux ? Dimensions des feuilles : 29,5 x 23 cm. Les dessins semblent être à l'origine des lavis d'encre brune ou noire (dessins au trait rehaussé de lavis pour certains). Cet ensemble est homogène (même artiste) et même thématique (saphisme). 

    Personnellement je penche pour l'illustrateur Nicolas Sternberg. Je trouve les visages typiques de cet artiste. Un collectionneur que j'ai contacté évoque Léon Courbouleix mais je n'y crois pas. Qui d'autre ? Et pour quel ouvrage ? Ces dessins sur feuilles de grandes dimensions ont certainement été fait pour illustrer un ouvrage sur la thématique saphique des années 1930, mais lequel ?

    Dutel dans sa Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970 semble ne pas avoir répertorié cette suite (elle n'est pas reproduite en tous cas - sauf erreur de ma part).

    Je vous laisse en tête à tête avec cette suite qui peut-être vous rappellera un ouvrage que vous avez vous-même croisé.

    Merci d'avance de vos remarques et commentaires.

    Vous pouvez me contacter à contact@lamourquibouquine.com

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne