Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

par Bertrand Hugonnard-Roche

older | 1 | (Page 2) | 3 | 4 | .... | 14 | newer

    0 0

    Fréquemment on rencontre sur les quais des gens qui modifieraient volontiers le mot de Richard III et qui s'écriraient : "Un bouquin ! Un bouquin ! Mon royaume pour un bouquine !" Les "bouquineurs" sont les héros d'une foule d'anecdotes, en voici une qui vient d'être rééditée :

    "Un célibataire frisant la cinquantaine était un amateur passionné de bouquins. Une vieille servante prenait soin de son intérieur. A force de ranger et d'épousseter la bibliothèque de son maître, Augustine fut prise d'une folle envie de lire. La voilà donc dépensant tous ses gages à s'acheter des livres.
    "Et, chose curieuse, c'était aussi de vieux livres qu'elle lisait. Une après-midi, un peu avant le dîner, elle arrive avec un paquet d'ouvrages acquis à la "cour des Miracles et à la grande Truanderie des livres parisiens". Par curiosité, le maître feuillette les bouquins. Tout à coup, sa face s'illumine.
    "- Combien as-tu payé ça ? dit-il en montrant un volume piqué outre mesure.
    " - Quinze sous, répond Augustine.
    " - Quinze sous ... Mais cet ouvrage vaut vingt mille francs, s'écria le bouquineur.
    " Il réfléchit trop tard qu'il venait de dire une bêtise.
    " En vain, il essaya de se reprendre.
    " - Je te l'achète cinquante francs ? demanda-t-il.
    " - Monsieur m'a dit qu'il valait vingt mille francs.
    " Augustine était rusée. Le bouquineur alla jusqu'à 1.500 francs. C'était une première édition, très rare, de Montaigne. Il eut beau marchander, sa servante ne voulait pas rabattre un radis des 20.000 francs.
    Cette somme était difficile à débourser ! La nuit, le bouquineur rêvait du Montaigne.
    " Bientôt, il ne put plus résister. A tout prix, il lui fallait le bouquin.
    " - Cette fille me soigne bien ; elle paraît avoir la même passion que moi, se dit-il un matin où il était plus obsédé que jamais. Pourquoi ne l'épouserais-je point ? J'aurais ainsi mon Montaigne.
    " Et il se maria avec sa servante qui apportait un bouquine en dot."

    Ainsi va la vie ...

    Cette anecdote a été relevée dans la Gazette Bibliographique de la revue Le Livre, Bibliographie Moderne, livraison n°86 du 10 février 1887, pages 97-98, Octave Uzanne rédacteur en chef.

    Nous ne savons ni la source, ni le conteur de cette historiette bien plaisante.

    Si cette rubrique Anecdotiana vous plait, je vous en proposerai d'autres prochainement.

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0

    Un rédacteur de la République française, visitant le nouvel asile municipal de nuit ouvert à Paris, y a rencontré, sollicitant son admission, un libraire dont nos lecteurs n'ont sans doute point oublié le nom, Louis Glady. Voici ce que raconte le chroniqueur :

    "Un homme d'une quarantaine d'années se présente au guichet.
    " - Votre nom ?
    " - Louis Glady.
    " - Votre état ?
    " - Homme de lettres, ayant demeuré rue Cloche-Perce.

    " Homme de lettres ? Par-dessus la tête de l'employé, nous regardons curieusement ce pauvre hère. Louis Glady ? C'est un nom parisien ... et bien connu celui-là, il y a quelque dix ans. L'erreur n'est pas possible. C'est bien un des frères Glady qui frappe à la porte de l'asile. Les Glady tinrent autrefois une boutique d'éditeur bien achalandé, rue des Colonnes, près de la Bourse. Ils publièrent d'abord, à grands frais, une Manon Lescaut(1875) avec eaux-fortes de Flameng et préface d'Alexandre Dumas ; puis une Imitation de Jésus-Christ, traduite par Veuillot et que J.-P. Laurens commença à illustrer ; Veuillot l'arrêta dans son travail ; il ne le trouvait pas assez mystique. Enfin, un des Glady - Albéric - s'avisa de toucher une plume et écrivit un grand roman, Jouir(1875), dont le titre n'était pas seulement prometteur de polissonneries. L'auteur de Jouir fut condamné durement, et, en compagnie de son frère Louis, passa en Angleterre. De là, nous vinrent avec cette firme énigmatique : Non Gladio Gladi des éditions bizarres ; une Daphnis et Chloé où les paroles du berger étaient imprimées en bleu et celles de la bergère en rose. Puis un beau matin, éclipse complète des éditeurs de Jouir. Il a fallu le hasard d'un reportage dans les bas-fonds parisiens pour amener à la surface le nom du survivant des deux frères."

    Ainsi va la vie ... si vous entendez parler des frères Glady ... complétez leur histoire ! (ils méritent).

    Cette anecdote a été relevée dans la Gazette Bibliographique de la revue Le Livre, Bibliographie Moderne, livraison n°86 du 10 février 1887, page 98, Octave Uzanne rédacteur en chef.

    Nous ne savons ni la source, ni le conteur de cette historiette bien plaisante. Si cette rubrique Anecdotiana vous plait, je vous en proposerai d'autres prochainement.

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0

    Qu'est-ce qu'un livre rare à l'aube du XXIe siècle ? Les Fables de La Fontaine illustrées par Oudry en maroquin d'époque ? Il en passe allègrement une bonne dizaines d'exemplaires par an en salle des ventes ou chez les libraires à gros budgets. Un incunable à figures sur bois en reliure de l'époque estampée à froid ? C'est plus rare mais ça se trouve si on n'est pas trop difficile sur le contenu (mais les bibliophiles ne lisent pas c'est bien connu). Un illustré moderne avec peintures ou dessins originaux de Picasso, Chagall, Matisse, qui sais-je ? On en trouve en y mettant le prix ! Alors un livre vraiment rare, un livre qui frise l'introuvable, c'est quoi en ce début de XXIe siècle crisiforme mais néanmoins boulimique de beaux ouvrages ? C'est un livre qu'on ne trouve nulle part, ni chez les libraires en ligne, ni dans les dépôts publics, ni dans aucune librairie ancienne de France et de Navarre. Cela existe-t-il vraiment ? Quels livres sont concernés ? Combien ? Que peut-on savoir de derrière sa machine virtuelle ? Interroge-t-on Vialibri ? Rien. Interroge-t-on le Catalogue Collectif des Bibliothèques de France (CCfr) ? Rien. 

    Interroge-t-on Google (le Messie) ? Rien. Interroge-t-on l'ensemble des ressources du net ? Rien. Rien. Rien. Quand on ne trouve rien, c'est sans aucun doute que le livre qu'on a sous les yeux et qui résiste à nos investigations est rare. On peut le dire. Je crois même qu'en l’occurrence on pourrait dire sans trop de forfanterie qu'il est rarissime (mot à n'utiliser qu'avec des pincettes ... sur le nez) ! Quid ? Quo ? Quod ? se serait écrié le Bibliophile Jacob reclus dans son grenier de l'Arsenal. Mais plus de Paul Lacroix pour répondre à nos interrogations légitimes. Il faut se débrouiller avec les outils à notre disposition. Evidemment il faudrait faire le tour de toutes les librairies de France et de Navarre pour savoir si notre exemplaire n'a pas niché entre deux poutres vermoulues ou entre deux rayonnages bancals, chez un libraire archaïque pour qui internet est une sorte de puits sans fonds qui reflète toute la misère du monde. Mais le pourrait-on vraiment qu'on n'userait pas notre énergie à cela. Rien, rien, rien ! Notre livre est décrété orbi et orbi RARISSIME ! Et qu'on vienne nous démontrer le contraire !

    Mais quid au juste ? Parce que vous pensez bien que si je bredouille sur le sujet, c'est que j'ai matière à moudre.
    This is it ! (Mickael si tu m'entends...)

    Nouvelle méthode pour prendre copie de toutes les écritures par un procédé extrêmement simple.

    Plaquette in-8 (20,5 x 13 cm) de 16 pages seulement ! Publiée à l'adresse d'Hambourg chez P. F. Fauche, imprimeur et libraire, en 1796.

    Qu'est-ce au juste ? Pour faire court disons qu'il s'agit d'une méthode pour "polycopier" les documents manuscrits en un certain nombre d'exemplaires, tout en évitant d'utiliser la machine à cylindre, peu connue et alors fort coûteuse. L'auteur, resté anonyme, indique comme procéder, sans aucune construction mécanique, le tout de l'invention résidant dans une encre spécialement préparée et un papier particulier. La méthode est expliquée de manière tout à faire claire et pratique. Le tout en à peine plus d'une dizaine de pages.
    Document à la fois très intéressant pour la science de la reproduction des documents et très agréable à lire.

    Quo ? Quel est l'auteur de cette méthode ? Est-elle originale ? A-t-elle connue des applications ? Si je lis bien entre les lignes, c'est à quelque chose près la méthode de l'impression offset qui ne sera inventée que dans le début des années 1970 ! Nous serions donc ici en présence d'une sorte de pré-invention de l'offset (dénué de toutes les avancées technologiques qu'on connait bien évidemment) datant de 1796 ! Soit près de deux siècles d'avance sur l'heure ! ...
    Alors ? Me suis-je trompé ? Ce livret n'est-il pas si rare ? N'est-il finalement pas si important du point de vue de l'histoire des sciences ? Nous attendons avec impatience les sentences irréfutables de nos experts es sciences que sont Bernard, Eric, etc.

    Juste un mot pour finir. Cette plaquette avait été se perdre au fond d'une caisse de rebut ... livres incomplets, éternels trainards de la librairie ancienne qu'on abandonne aux chiens dans un coin de grange ... ma curiosité aura eu raison de cette petite chose insignifiante qui fait que finalement on est libraire-bibliophile ou bibliophile-libraire.

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0

    On est inconséquent quand on a 17 ans ! C'est ce qu'aurait dû se dire le jeune Marcel Proust avant d'écrire de la sorte à son cher petit grand père ...

    J'ai toujours pensé que la vie n'était pas très sérieuse ; qu'il y avait forcément quelque chose de louche à vouloir nous faire suivre un chemin les yeux bandés, sans savoir où, quand, qui, ou pourquoi. L'ombre des jeunes filles en fleurs, la recherche du temps perdu, les plaisirs et les jours, le temps retrouvé ... il n'y a bien dans tout ce fatras que le parfum des jeunes filles en fleurs à l'ombre du temps perdu que le jeune Marcel Proust n'aura guère goûté.

    J'ai toujours exécré les cours de français pendant lesquels ma professeure de l'époque (un brin neurasthénique) essayait de nous fourrer dans le crâne des commentaires de textes prédigérés et aseptisés. Je n'ai jamais compris comment une professeure fut-elle agrégée de lettres modernes pouvait rentrer dans la tête d'un auteur et être certaine sans faillir, de savoir. Savoir la pensée de celui qui couche les mots sur le papier. Quelle prétention ! Je ne suis toujours pas revenu de cette idée.

    Il n'y a bien qu'une seule catégorie de documents qui pourrait peut-être permettre d'envisager entrevoir un infirme bout de la vérité des gens ... La correspondance. Pas la correspondance officielle, pas les lettres obligées ou obligeantes, non, la correspondance libre, celle qu'on aurait dû jeter au panier parce qu'elle nous perce à jour sournoisement. D'ailleurs je crois que mes morceaux de littérature préférés sont les lettres. Initié en cela avec la divine marquise de Sévigné. Libre en son genre, hélas précieuse par son siècle. J'ai aimé la correspondance de Victor Hugo, Napoléon, Talleyrand, Voltaire, Rousseau, etc. Uzanne évidemment. Rops aussi. Mirbeau, Barbey d'Aurevilly, etc. Je ne pense pouvoir les approcher de près que par cette voie : la lettre.

    L'autre soir je lisais la septième partie du catalogue de la vente de la bibliothèque Jacques Guérin (Paris, 20 mai 1992). Splendide catalogue ! Livres et manuscrits importants. Que de l'exceptionnel ! 117 numéros à tomber parterre ! Mon attention a été attirée par le n°60 : PROUST (Marcel). LA LETTRE SURPRENANTE. Lettre autographe signée "Marcel" à "mon cher petit grand père". (sans lieu ni date - marquée en haut à gauche : 18 mai 1888). 2 pages 1/4 in-12. Marcel Proust a 17 ans en 1888.

    On est inconséquent quand on a 17 ans !

    Les experts de la vente pour les manuscrits, Michel et Maryse Castaing écrivent en guise de préambule : Témoignage inattendu, document capital, qui se passe de commentaire ... (voir reproduction intégrale).

    Voyez donc également par vous-même ci-dessous la reproduction de la page entière du catalogue. En réalité la reproduction n'est pas intégrale puisqu'il manque le fac similé pour la deuxième partie de la lettre.


    Bibliothèque Jacques Guérin, septième partie
    Livres et Manuscrits importants,
    Paris, 20 mai 1992


    Voici le début du texte (je vous laisse rétablir les ... en regardant le fac similé de la lettre).


    "Je viens réclamer de ta gentillesse la somme de 13 francs ... Voici pourquoi.
    J'avais si besoin de voir une femme pour cesser mes mauvaises habitudes de masturbation que papa m'a donné 10 francs pour aller au bordel. Mais 1° dans mon émotion j'ai cassé un vase de nuit, 3 francs 2° dans cette même émotion je n'ai pas pu baiser. Me voilà donc comme devant attendant à chaque heure davantage 10 francs pour me vider ... mais je n'ose pas redemander sitôt de l'argent à papa et j'ai espéré que tu voudrais bien venir à mon secours dans cette circonstance qui tu le sais est non seulement exceptionnelle mais encore unique : il n'arrive pas deux fois dans la vie d'être trop troublé pour pouvoir baiser ..."


    Effectivement cela se passe de commentaires ...

    Cependant, avec le recul (comment veux-tu ... comment veux-tu ... ), je me dis que si pendant mes années de lycée j'avais eu connaissance de cette lettre salée du jeune Marcel Proust, j'en aurais fait bon usage auprès de ma charmante professeure de lettres modernes ...

    Ainsi va la vie ...

    Bonne journée,
    Bertrand Bibliomane moderne


    0 0


    Lithographie

    Dimensions de la feuille : 28,5 x 19 cm
    Dimensions du dessin : 16 x 12 cm


    Le Bibliomane moderne serait curieux de savoir qui a bien pu dessiner cette illustration ? Il s'agit d'une lithographie et non d'une reproduction photo-mécanique. Artiste ? Date ? Livre ?

    Merci d'avance pour vos lumières phalanstériennes !

    Bonne soirée,

    Bertrand
    Bibliomane moderne

    0 0




    Depuis dix ans, le marché de la bibliophilie est porté par la vente de collections d'exception. Enquête.

    « Pierre Berès a comme transformé une fois pour toutes en une savante alchimie, appelée goût, cette masse de livres en apparence indistincte », expliquait l'expert Jean-Baptiste de Proyart, en 2005, lors de l'inauguration de la vente fleuve du fonds du célèbre libraire. Pierre Berès avait lui-même annoncé l'événement. La septième et ultime vacation en son nom, organisée les 12 et 13 décembre à Paris chez Christie's, intervient alors que d'autres personnalités se séparent de leur prestigieuse bibliothèque. Jeudi, c'est un ensemble exceptionnel de livres Art déco réunis par l'un de ses meilleurs spécialistes, Félix Marcilhac, qui étaient dispersés par Binoche et Giquello, à Drouot. Il y a quelques mois, c'était la bibliothèque surréaliste du libraire-galeriste niçois Jacques Matarasso qui, à 95 ans, avait décidé pour la troisième et dernière fois, de confier ses trésors à la maison Alde.

    Ces dix dernières années, alimenté par d'importantes collections, le marché de la bibliophilie a explosé. Chaque saison a été marquée par des ventes mémorables de grands amateurs : celle de Pierre Leroy (3,1 millions d'euros, en 2002, chez Sotheby's), Gwenn-Aël Bolloré (1,6 M€, 2002, chez Sotheby's), Daniel Filipacchi (5,9 M€ en 2004 et 5,3 M€ en 2005 chez Christie's), Charles Hayoit (1,3 M€, en 2005, chez Sotheby's). Les vendeurs sont le plus souvent les collectionneurs mêmes. Comme Pierre Berès, Jacques Matarasso, Pierre Leroy ou Daniel Filipacchi, ils ont préféré disperser leur collection en vente publique plutôt que de les transmettre à des héritiers qui n'en apprécient pas autant la valeur. Certains ont d'autres motivations. Dominique de Villepin, amateur éclairé, a vendu son bel ensemble de livres sur Napoléon chez Pierre Bergé pour se lancer dans une autre entreprise.

    Un monde secret et discret

    « C'est un goût très français de collectionner des livres », note François de Ricqlès, président de Christie's France. La plupart des collections ont été constituées à partir des années 1950-1960, comme celle de James Ortiz Patino dont la seconde partie avait totalisé plus de 3,5 millions de livres en 1998, chez Sotheby's à Londres.

    Peut-on encore composer de telles bibliothèques ? Pour le marchand et expert Jean-Baptiste de Proyart, « il y aura toujours de très grandes ventes de livres. Le marché est très solide, très établi et international ». Anne Helbronn, vice-présidente de Sotheby's France et directrice du département livres et manuscrits, est plus prudente: « Aujourd'hui, dit-elle, il faut des moyens énormes. Autrefois, on pouvait acheter des livres avec des envois autographes. Celui des Fleurs du mal adressé par Baudelaire à Narcisse Ancelle s'est envolé en 2009, à Drouot, à 775.000 euros. Trois ans auparavant, un précédent exemplaire, adressé à Delacroix, était parti à seulement 360.000 euros. »

    Mais «les livres rares ont toujours valu beaucoup d'argent!», estime pour sa part Jean-Claude Vrain, libraire et expert de la vente de succession Pierre Berès chez Christie's. Les bibliophiles s'intéressent aussi bien aux textes qu'à leur contexte. « Il faut être très riche et avoir le goût de l'écrit, insiste Jean-Claude Vrain. C'est un monde secret et discret. Il faut s'adresser aux bonnes portes, qui ne sont pas forcément les salles des ventes. » Souvent, libraires et collectionneurs « fusionnent » dans leur quête du livre rare. Dans les salles de ventes, les premiers lèvent la main au profit des seconds. Ainsi Jean-Claude Vrain participe-t-il à la collection du bibliophile « de toujours » Jean Bonnat.

    Reste que face à l'avalanche des records, tel celui du Manifeste du surréalisme d'André Breton provenant de la collection de Simone Collinet, adjugé 3,6 M€, en 2008, chez Sotheby's, il est de plus en plus difficile d'acquérir à bon prix des grands manuscrits littéraires. On ne devrait pas revoir de sitôt non plus des ventes fleuves comme celle de la bibliothèque de l'industriel et collectionneur Jacques Guérin, qui avait fait l'objet de huit dispersions sous le marteau de l'étude Ader-Picard-Tajan, dans les années 1980-1990. En France, les prochaines grandes bibliothèques attendues sont celles de Jean Bonnat, qui possède l'une des plus grandes collections de dessins anciens. Mais aussi celle de Pierre Bergé, qui a un amour particulier pour Flaubert, notamment une édition originale de Madame Bovary dédicacée à Victor Hugo


    0 0


    Pour celles et ceux qui aiment les belles histoires de beaux vieux livres, pour les bibliophiles ou simplement les curieux, une nouvelle adresse à retenir : http://histoire-bibliophilie.blogspot.fr/

    Bonne route l'ami Bibliomanographe !

    A suivre !

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0




    Heureusement le ridicule ne tue pas ... il paraîtrait même qu'il permet de vivre très vieux.

    Bonne nuit,
    Bertrand Bibliomane moderne


    0 0



    Pas facile de trouver un sujet de fin d'année ... Evidemment j'aurais pu vous entretenir des bienfaits du capitalisme en bibliophilie, du bonheur qu'il a d'être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade, aussi j'aurais mille fois pu vous dire que la crise c'est pour 2013 et que rien ni personne ne changera le monde qui continue de tourner dans le même sens depuis le 21 décembre dernier. J'aurais tout aussi bien pu vous dire les premiers seront les derniers (Mathieu, 20) ou que rien ne sert de courir mais qu'il faut savoir partir à point. Ou que si ça continue, il faudra que ça cesse. Enfin, vous voyez, ce genre de billevesées qu'on nous sert à longueur d'ondes sonores et visuelles ...

    Alors plutôt que tout cela, je ne vous dirais qu'un seul mot : Curiosez ! En 2013 plus que jamais, votre curiosité sera votre meilleure alliée. Puisqu'ici on parle chasse aux livres, Chassez ! Mais chassez la fleur au fusil. L'esprit volage. Rien de plus désagréable que ces chasseurs pointilleux et guindés qui donnent au gibier la saveur du carton pâte.

    Pourquoi cette image en tête de ce billet d'étrennes ? Parce qu'elle me plait. Parce qu'elle me parle. Parce que j'espère qu'elle vous parle autant qu'à moi. Parce que si elle ne vous parle pas au moins j'espère qu'elle vous fera cogiter. La sagesse est dans les livres. Le fou se cache derrière le livre. Marottes et grelots au sol. Ainsi va le monde. Non ? Pensez-y, cela a au moins le mérite de faire réfléchir sur le sens qu'on donne aux choses et aux êtres.

    Cette eau-forte de Jules Chevrier se trouve dans le volume Les Amoureux du Livre (Paris, A. Claudin, 1877).

    Je conclurai cette année 2012 par une sentence de Bussy-Rabutin à ses enfants (1694) : "Il n'y a rien de plus malheureux que le bonheur des gens qui vivent au gré de leurs passions."

    Je vous laisse juge de la véracité de cette déclaration d'un autre siècle que le nôtre ...

    Bonnes fêtes,
    Bertrand Bibliomane moderne


    0 0

    Comment vendre plus pour gagner plus quand on est libraire ? Voilà la question que certains d’entre vous ont déjà dû se poser un jour ou l’autre. Cibler l’amateur spécialisé dans l’ésotérisme, les sciences, la pêche à la mouche ou le curiosa fripon, aligner des maroquins aux armes (et au garde à vous) façon tenture impériale, ou encore taper large en débitant à l’unité des manettes de tout venant : Toutes les stratégies sont possibles et les conseils que vous avez donnés récemment à un candidat à ce beau métier sont bien la preuve que vous avez plus d’un tour dans votre besace pour séduire le bibliophile. Je pense, moi qui n’ai jamais vendu un livre de ma vie et qui peut donc en parler doctement, qu’un peu de publicité et une belle présentation en tête de gondole ne peut pas nuire à la vente d’une édition vénitienne, comme le Pétrarque de 1502, par exemple. Cet avis devait être partagé par Guillaume Rouillé (ou Rovillé) qui, justement, avait débuté sa carrière à Venise. Il travaillait dans l’officine de Giolito de Ferrari lorsqu’il décida, le cœur léger et le bagage mince, de s’installer à Lyon pour faire fortune dans la librairie. Nous sommes en 1543. Il aurait pu alors commencer par sonner chez son banquier florentin pour négocier un découvert mais il choisit plutôt d’épouser la fille de Vincent Ier de Portonaris, histoire de partir sur de bonnes bases.


    Fig 1 la page de titre du Promptuaire des Médailles de 1577, version française.

    Guillaume Rouillé avait du talent et s’était rendu recommandable par ses belles éditions latines, italiennes ou françaises. Son créneau était le livre qui rapporte : ouvrages religieux, juridiques ou scientifiques et parmi ces derniers, surtout ceux de botanique et médecine. Il diffusait les auteurs latins dans des traductions françaises (car, même à l’époque, le latin était un peu du chinois pour beaucoup) et il faisait découvrir les auteurs contemporains de la Péninsule. Mais son coup de génie commercial, c’est le Promptuaire des Médailles. Cet ouvrage, paru pour la première fois en 1553, est une sorte de biographie universelle des hommes illustres depuis Adam et Ève jusqu'à Jeanne d'Albret et Henri II. Chaque courte notice sur un personnage célèbre est illustrée de portraits en médaillon dessinés par George Reverdy, Corneille de la Haye et d’autres maîtres graveurs. Belles gravures au demeurant, Didot dans son Essai (p. 245) vante le caractère artistique des illustrations et dit qu'on y voit "la gravure sur bois s'efforcer de lutter avec la taille-douce pour rendre le modèle des figures au moyen d'un travail de taille souvent croisées".


    Fig 2 Le Promptuaire des Médailles, version italienne.

    La seconde édition française (1577) est plus originale que la première - si vous m’autorisez l’expression - car Guillaume Rouillé eut l’idée d’ajouter 142 nouvelles notices qui fait la part belle à ses contemporains. Pas n’importe lesquels : ceux qui figurent au catalogue de sa librairie ! Rouillé aurait pu faire sienne la sentence de Montaigne : Je suis l’objet de mon livre, tant il est vrai qu’il se cite souvent au coté des gloires de son siècle. La notice du jurisconsulte François Duaren en est un bon exemple. Cet illustre inconnu qui aurait fait avancer la science juridique selon Rouillé, a surtout pour mérite d’avoir été publié par lui : « François Duaren, très-excellent jurisconsulte qui était un peu plus âgé que moi, sera à jamais loué et estimé parmi les hommes qui font cas de la science… ses ouvrages en témoignent, principalement les doctes annotations sur le droit appelé le Cours de Duaren, imprimé à Lyon par Guillaume Rouillé, auteur de ce noble et excellent ouvrage, le Promptuaire des Médailles».


    Fig 3 La notice sur François Duaren.

    Vous remarquerez qu’il profite de cette notice pour glorifier également au passage son Promptuaire des Médailles. Le B-A BA de la publicité, c’est le matraquage ! Même démarche quelques pages plus loin, pour un médecin cette fois-ci : Antoine Donat Altomare, médecin napolitain, dont les ouvrages épars, confus et remplis de fautes « ont été par lui amassés en un seul, revus et puis imprimés à Lyon par Guillaume Rouillé ». Le passage des plus ambigus est tourné de telle façon qu’il est difficile de dire à sa lecture qui a le plus de mérite entre Donat et Rouillé d’avoir mis en lumière les écrits de Galien ! Il en va de même pour Mattiole à la rubrique précédente dont la gloire doit beaucoup, comme il l’annonce, à Rouillé lui-même : « Guillaume Rouillé a fait traduire en français par un personnage de grand savoir lesdits Commentaires et ensemble les illustres figures des simples … en faveur de ceux qui n’entendent pas la langue latine. Il a fait aussi un beau livre d’épîtres médicinales et de simples médicaments ».


    Fig 4 La notice sur Donat et Mattiole.



    Fig 5 La notice sur Rondelet.



    Fig 6 Paul Eginete.

    Les exemples pourraient être ainsi multipliés. Puisque Rouillé n’est pas le premier à publier les œuvres posthumes du médecin Guillaume Rondelet, éditées à Paris, le nom de l’éditeur n’est pas cité (Charles Macé) mais « depuis il s’est trouvé quelques savant médecin, ami dudit Rondelet, pour revoir et corriger l’ouvrage et le bailler à Guillaume Rouillé pour l’imprimer, se fiant à la diligence d’iceluy ». A de rare occasion, le nom d’un confrère apparait, mais s’il cite l’imprimeur, comme dans la notice sur Paul Eginete, c’est parce qu’il s’agit d’Henry Estienne, dont le nom glorieux est seul digne d’apparaître aux cotés du sien : « Henry Estienne a imprimé les livres d’Eginete en latin, avec les autres livres des principaux médecins. Et Guillaume Rouillé l’a imprimé à Lyon, avec doctes annotations de Jacques Goupil, médecin de Paris et Jacques d’Alechamps, médecin de Lyon, tous deux des plus doctes de ce temps, en toutes bonnes lettres. » Comme appelle-t-on aujourd’hui la publicité déguisée sous un article de presse ? de l’infomerciale ?…. Et bien, elle a été inventée par Guillaume Rouillé !

    Bonne Journée.
    Textor


    Nota : Ce très-excellent papier, rédigé par l’honorable Textor, de bonne mémoire, dont la gloire virtuelle s’étend aux quatre coins de la blogosphère, doit beaucoup à Elise Rajchenbach-Teller pour son article « De ceux qui de leurs pouvoirs aydent et favorisent au publiq ; Guillaume Rouillé, libraire à Lyon » in Passeurs de Textes, imprimeurs et Libraires à l’âge de l’humanisme, Ecole des Chartes, 2012 p 99.


    Fig 7 La reliure du Promptuaire.

    0 0


    Ex libris gravé à l'eau-forte et pointe sèche

    Ex Libris J. et O. Mercier
    signé dans la planche (cuivre) des initiales LR ou RL ?

    Dimensions 118 x 82 mm (cuvette)



    J. et O. Mercier ? ça vous parle ? Pas à moi ... Vos lumières sont les bienvenues.

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne


    0 0


    Détail du centre du second plat de reliure

    AQ c'est qui ? Et l'artiste ?


    Le Bibliomane moderne est facétieux certains soirs ... Alors ? A qui appartiennent ces deux initiales AQ dans un bel ornement imprimé en noir au second plat d'une reliure ?

    Quel artiste a bien pu dessiner cet écu ?

    A vos neurones !

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne


    Le second plat dans son intégralité


    détail de la signature de l'artiste qui a dessiné la marque d'Albert Quantin



    détail du premier plat du volume (pleine toile dorée, décor en noir)



    Il s'agit d'un volume de la revue dirigée par Albert Quantin
    Le Monde Moderne
    1895-1905
    ici première année, deuxième semestre, 1895


    Allez ! Je vous en montre un peu plus ... je vois que vous calez ... Il faut chercher un décorateur Art Nouveau car comme vous voyez le premier plat de cette reliure est typique ! Il s'agit en fait d'une reliure industrielle sortie des ateliers de la Veuve Fernandez (qu'on retrouve également comme relieuse de quelques cartonnages Hetzel / Jules Verne). Les initiales de l'artiste en question semblent se trouver sous les initiales AQ ... on lit CP ou PC ? Mais le premier plat de la reliure et le dos ne sont cependant pas marqués de ces initiales et alors on peut penser à plusieurs artistes qui ont produit des décors dans ce genre à la même époque (ici 1895), comme Adolphe Giraldon, Henri Caruchet, Eugène Grasset, etc.

    Alors, une idée ?


    0 0


    Estampe en couleurs par Devéria (vers 1830).
    Cette gravure n'est là que pour égayer le billet ... mais n'est finalement peut-être pas si éloignée que cela du sujet ...


    Qui saura nous dire ce que peut bien vouloir dire cette phrase :

    "tirer sa poudre aux chauves-souris des sentines"

    Argot vers 1880 ?

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0


    Mes sincères félicitations au bibliophile qui a su détecté la lithographie libre de Georges Villa qui avait été réalisée pour un menu des membres de la communauté libertine du Cornet qui se réunissaient de temps en temps pour de festives agapes.

    Voici ci-dessus le scan de ce menu qui, gastronomiquement parlant, n'est pas un des meilleurs !


    Villa, dessinateur, graveur et illustrateur français des années folles et ami d'Adolphe Willette, était aussi un bon caricaturiste ; il fut d'ailleurs appelé en Russie pour réaliser des portraits d'officiers par l'oncle du Tsar Nicolas II.





    En ce qui me concerne, en tant que collectionneur, ce que j'apprécie c'est qu'il renforce le réalisme de ses dessins érotiques, qui ne manquent pas d'imagination, par l'utilisation du fusain et du pastel. Aviateur pendant la première guerre 14-18, il affectionnera les sujets comme l'aviation et l'escrime : Ailes et eux, E. Dupont, 1921, en témoignent par ses 55 planches en noir et en couleurs ; mais il illustra également  l'Île aux pingouins d'Anatole France (1922), des Contes fantastiques d'Edgard Allan Poe (1938) et le Capitaine fracasse de Théophile Gauthier (1935). Sa participation dans le domaine du livre illustré érotique est flamboyante dans ses illustrations de la Légende des sexes qu'il illustra curieusement plusieurs fois dont une seconde édition, plus tardive, vers 1950. Ses 32 lithographies pour une Edition d'Aphrodite de Pierre Louys (Aux dépens d'un amateur, 1938, tirage limité à 200 exemplaires numérotés et authentifiés par un cachet en garantissant l'originalité) évoquent plus d'une fois le thème du lesbianisme antique. J'ai donné priorité, dans un petit Album Picasa aux illustrations de la Légende sexes qui inspira pas mal d'autres artistes et notamment Martin van Maele (voir article plus ancien).

    Bonne journée,
    Vicomte Koyakov

    0 0

    « Les papiers dominotés français ont connu un développement considérable
    dans la seconde moitié du xviiie siècle. C’était l’oeuvre de graveurs
    sur bois, artisans plutôt qu’artistes oeuvrant pour les fabricants
    d’indiennes dont ils gravaient les « moules », travaillant indifféremment
    pour les imagiers et les tapissiers. Les livres de cette époque qui nous
    sont parvenus, couverts de papiers colorés, montrent aussi bien des
    motifs géométriques que de grandes arabesques de papiers de tenture.
    On peut penser que les brocheuses de ce temps utilisaient à la fois les
    fragments des lés inutilisés ou gâchés par les tapissiers et les dominos
    achetés à bas prix chez les imagiers. Le développement de ces dominos
    aux couleurs séduisantes a été immense, et correspondait sans doute
    à la mode pour les indiennes dont la fabrication avait été libéralisée
    au milieu du siècle. »

    André Jammes, extrait de l’avant-propos

    « La fantaisie des papiers dominotés ne cesse de surprendre et
    réjouir. De nouvelles découvertes nous ont amené à poursuivre le travail
    pionnier d’André Jammes. Les motifs, à la fois simples, et complexes –
    du fait de leur évidence même –, portés avec savoir-faire, art, mais aussi
    maladresse ne manquent pas de nous émouvoir. Assujetties à un registre
    d’éléments décoratifs qui semble arrêté (le trait, la ligne, le point, le
    carré, le triangle, le croisillon, les fleurs, les feuilles, les fruits…), un
    format « stabilisé » […], une palette de couleurs limitée […], les
    propositions n’en semblent pas moins innombrables, comme illimitées.
    Le jeu répété sur un même motif est à sa manière fort moderne, et si
    certaines compositions peuvent paraître attendues, d’autres, enlevées,
    sont délibérément engagées dans une recherche de « nouveauté »,
    d’expérimentation, ainsi certains monochromes réalisés avec une
    extrême économie de moyens. »

    Marc Kopylov, extrait de la préface

    Sommaire Avant-propos d’André Jammes, 9 / Introduction, 15 / Aix, 28 /
    Arras, 42 /Avignon, 44 / Besançon, 52 / Chartres, 58 / Le Mans, 64 / Lyon, 110
    / Nîmes, 140 / Orléans, 144 / Paris, 220 / Rouen, 270 / Dominotés non identifiés,
    274 / Bibliographie, 399 / Index des noms et des lieux, 403

    éditions des cendres - 8, rue des cendriers - 75020 paris - 01 43 49 31 80 // editionsdescendres@gmail.com

    Marc Kopylov

    Papiers dominotés français
    ou l’art de revêtir
    d’éphémères couvertures colorées
    livres & brochures entre 1750 et 1820

    Le livre d’André Jammes (Papiers dominotés. Trait d’union entre l’imagerie
    populaire et les papiers peints. France 1750-1820) a donné de découvrir
    l’univers de ces merveilleux papiers, lumineux et sauvages à la fois.
    Son ouvrage – dont il ne reste qu’une poignée d’exemplaires – est prolongé
    par celui-ci, qu’il a préfacé. Ce sont quelque deux cents éphémères
    dominotés nouveaux qui paraissent, venant augmenter notre connaissance
    d’un univers dont nous rassemblons les bribes épargnées par le temps. Issus
    de collections privées et publiques, deux cents dominos, simples, curieux,
    étonnamment modernes…, produits à Aix, Arras, Avignon, Besançon,
    Le Mans, Lyon, Paris, Rouen… – villes dont si l’on savait que des
    graveurs et dominotiers y avaient oeuvré nous ne disposions jusqu’à
    aujourd’hui parfois pas de la moindre réalisation signée – s’ajoutent ainsi
    à un rare ensemble, libre et séduisant, dont l’inventaire général est la
    prochaine étape à franchir.

    250 x 250 / ouvrage relié imprimé sur lessebo / 240 ill. couleurs
    408 pages / isbn 978-2-86742-207-2 / tirage limité à 999 ex.
    l’un des 15 ex. numérotés i-xv augmenté d’un papier dominoté :
    320 euros / l’un des 185 premiers ex. numérotés i-185 vendus
    sous coffret accompagnés des deux ouvrages
    paraissant simultanément à nos éditions (« dominotés italiens »
    & « dorés allemands ») : 405 euros les trois volumes
    l’un des 799 suivants : 135 euros





    C’est un Français, Louis La Ferté, qui va introduire vers 1740 l’art du papier
    dominoté en Italie. Appelé comme relieur à la cour de Parme, il y réalise
    ses premiers dominos et va bientôt ouvrir boutique à Bologne. D’autres
    graveurs – restés à quelques exceptions près anonymes – suivent son
    exemple et le goût pour les dominotés est bientôt tel que dans bien des
    cités de Vénétie, de Toscane… des artisans produisent de splendides carte
    decorate. Couleurs éclatantes, variété, profusion et épanouissement des
    motifs… les Italiens empruntent, inventent, croisent, multiplient…
    Il s’ensuit une production considérable dont notre livre rend compte
    en présentant près de trois cents dominos splendides choisis dans les
    collections privées et publiques et en publiant le catalogue de la Maison
    Bertinazzi de Bologne, unica rassemblant trois cents autres modèles datant
    du dernier quart du XVIIIe siècle. Ce livre est le premier à fournir semblable
    panorama commenté. Un bonheur...


    250 x 250 / ouvrage relié imprimé sur lessebo
    280 ill. couleurs / 408 pages / isbn 978-2-86742-208-9
    tirage limité à 999 ex.
    l’un des 15 ex. numérotés I-XV augmenté d’un papier dominoté :
    320 euros / l’un des 185 premiers ex. numérotés i-185 vendus
    sous coffret accompagnés des deux ouvrages
    paraissant simultanément à nos éditions
    (« dominotés français » & « dorés allemands ») :

    405 euros les trois volumes
    l’un des 799 suivants : 135 euros
    éditions des cendres - 8, rue des cendriers - 75020 paris - 01 43 49 31 80 // editionsdescendres@gmail.com

    Marc Kopylov

    Papiers dominotés italiens
    un univers de couleurs,
    de fantaisie et d’invention
    (1750-1850)

    C’est un Français, Louis La Ferté, qui va introduire vers 1740 l’art du papier
    dominoté en Italie. Appelé comme relieur à la cour de Parme, il y réalise
    ses premiers dominos et va bientôt ouvrir boutique à Bologne. D’autres
    graveurs – restés à quelques exceptions près anonymes – suivent son
    exemple et le goût pour les dominotés est bientôt tel que dans bien des
    cités de Vénétie, de Toscane… des artisans produisent de splendides carte
    decorate. Couleurs éclatantes, variété, profusion et épanouissement des
    motifs… les Italiens empruntent, inventent, croisent, multiplient…
    Il s’ensuit une production considérable dont notre livre rend compte
    en présentant près de trois cents dominos splendides choisis dans les
    collections privées et publiques et en publiant le catalogue de la Maison
    Bertinazzi de Bologne, unica rassemblant trois cents autres modèles datant
    du dernier quart du xviiie siècle. Ce livre est le premier à fournir semblable
    panorama commenté. Un bonheur...

    sommaire Introduction, 15 / Papiers dominotés Couvertures détachées et
    feuilles , 20 / Quelques images à découper suivies d’un petit ensemble de papiers dorés,
    254 & de deux papiers à la colle, 262 / Réunion de livres recouverts de dominos, 266 /
    « Campionario » Bertinazzi, 318 / Choix de dominos… suivi de quelques
    autres encore, 382 / Bibliographie, 401




    Christiane F. Kopylov

    Papiers dorés d’allemagne
    au siècle des lumières
    (1680-1830)

    Les papiers dorés allemands ou papiers d’Augsbourg ont été renommés
    tout au long du XVIIIe siècle. Jamais aucun livre ne leur a été consacré en
    langue française. En langue allemande, seuls quelques volumes, érudits,
    ont paru, mais en des temps où la reproduction couleur n’était pas accessible
    comme aujourd’hui. À partir de collections privées et de fonds
    publics, nous avons choisi plus de deux cents papiers dorés et papiers à la
    colle parmi les plus séduisants et les plus rares d’une production durablement
    fort prisée. Cette monographie est une première fenêtre ouverte sur
    un univers au seuil duquel esprit et sensibilité sont en permanent émerveillement.
    Ces dorés ont recouvert autant d’humbles livres (notamment
    des almanachs) que des livres de prestige et ont souvent été mis en oeuvre
    comme gardes de reliures d’exception. Jamais pareil ensemble n’avait
    été réuni.

    Sommaire Introduction, 11 / Papiers dorés Dorés vernis (Bronzefirnis), 32 / Dorés
    gaufrés (Brokatpapiere ), 58 / Planches d’images (Bilderbogen ), 334 / Almanachs, 372 /
    Kattunpapiere (papiers coloriés au patron), 390 / Papiers à la colle, 402 / Annexes,
    437 / Bibliographie, 439 / Index des noms et des lieux, 441
    éditions des cendres - 8, rue des cendriers - 75020 paris - 01 43 49 31 80 // editionsdescendres@gmail.com




    0 0


    En décembre 2011, j’ai évoqué la vie de Léon Curmer, éditeur célèbre, homme méconnu. Bertrand avait alors bien voulu s’en faire l’écho.

    Le hasard des ventes aux enchères vient de me permettre d’acquérir un court billet autographe de Léon Curmer, dont je vous offre une copie numérisée.

    Ses pattes de mouche, qui présentent quelques difficultés de déchiffrement, m’ont incité à le transcrire :

    Paris, le 23 juin 1867

    Cher Monsieur

    voulez vous avoir la
    bonté de voir & réparer ou faire
    reparer ce qui est arrivé à
    l’exposition

    Le groupe n°2 du jury se
    réunit encore demain lundi matin
    à l’exposition je voudrais
    savoir si vous le pouvez s’il a
    décidé quelquechose pour
    cette medaille d’or

    vous trouverez là Mr de la
    Gueronnière, Mr de Reurmont & a(utres ?)
    c’est à 9 h. qu’il se réunit

    Mille complimens
    L Curmer

    Une petite quinzaine de lignes manuscrites : c’est à la fois peu… et beaucoup !

    Le féroce baron de Laubardemont (celui-là même qui envoya au bûcher, en août 1634, le malheureux Urbain Grandier, curé de Loudun) affirmait cyniquement : donnez-moi deux lignes de l’écriture d’un homme et je le ferai pendre.

    Pareille envie ne m’habite pas - heureusement pour moi ! Mais cette missive m’a donné le désir d’en savoir plus sur les circonstances qui présidèrent à sa rédaction.

    L’Exposition de 1867 bat son plein.

    Faisons dans le passé un saut d’un siècle et demi. Nous sommes à Paris, au début de l’été 1867. Le Second Empire a apporté aux Français paix et prospérité. Les gigantesques travaux d’Haussmann touchent à leur fin. Ils ont durablement bouleversé le visage de la capitale. Percé de larges avenues rectilignes, Paris peut enfin respirer - et ne risque plus d’être en proie aux insurrections de 1830 ou 1848 ! La distribution d’eau potable et la mise en place d’un remarquable réseau d’assainissement ont écarté le spectre du choléra. Depuis le 1er avril, l’Exposition universelle d’Art et d’industrie - septième du genre - bat son plein. Jusqu’au lendemain de la Toussaint, le monde entier est convié à faire connaître ses dernières productions. Le progrès technique semble ne plus devoir cesser. Il a déjà bouleversé les modes de vie - en Europe occidentale, tout du moins. En quelques décennies, le chemin de fer, la machine à vapeur et le développement accéléré des échanges commerciaux ont ouvert toutes grandes les portes de l’avenir. Euphorique, la foule qui se presse aux pavillons ne peut imaginer que, dans moins de quatre ans, les Prussiens coiffés de casques à pointe feront claquer leurs bottes impeccablement cirées sur le pavé parisien…

    Léon Curmer a 65 ans. C’est un homme installé, qui s’est remarié après un douloureux veuvage et a établi les deux enfants de sa première épouse. Certes sa carrière est derrière lui. Mais il n’a pu s’empêcher de participer à cette nouvelle exposition. Pourtant il se sent inquiet. : quelque chose l’a contrarié… Que s’est-il passé ? Cela le concerne-il en propre ou vise-t-il l’Exposition en général ? Son étalage de livres s’est-il effondré ? Son billet ne le précise pas. Mais il charge son correspondant - hélas anonyme - de réparer un accident.

    La course à la médaille d’or.

    Léon espère-t-il remporter une médaille ? En tout cas il s’interroge sur les intentions du jury… et cherche à le faire sonder. Il évoque cette médaille d’or, ce qui laisse supposer que le destinataire est déjà au fait de ses interrogations à ce sujet. Homme de contacts rompu à ce qu’on n’appelait pas encore les relations publiques, il n’hésite pas à solliciter ses accointances - dont Arthur de la Guéronnière. Cet ancien journaliste, issu d’une famille légitimiste, s’est rallié à Napoléon III. Il lui écrit même des discours de propagande. Ces services lui ont permis de devenir directeur général de la Librairie et de la Presse auprès du ministère de l’Intérieur… Une connaissance bien utile pour l’éditeur qu’est Léon Curmer !

    J’ai effectué quelques recherches sur Internet à propos de cette exposition (voir ICI). Son jury comprenait 10 groupes. Le groupe 2, auquel Léon Curmer fait allusion, s’intitulait Matériel et applications des arts libéraux. Il visait, entre autres, les produits d’imprimerie et de librairie. En page 48 de son rapport, on lit : L’exposition de M. Curmer est une de celles qu’on examine avec le plus d’intérêt depuis longtemps. Ce n’est plus guère que de la chromolithographie. L’imprimerie proprement dite est comme absente de ces livres. Sans doute les copies des manuscrits sont curieuses et décorent bien une table de salon ou un oratoire ; sans doute la lithographie réussit maintenant d’une manière étonnante à reproduire ces dessins et ces couleurs, mais enfin ce n’est pas là le manuscrit même, ce n’est pas non plus la limpidité, la transparence des images (on n’y arrivera jamais), et enfin ce n’est pas là de la librairie. M. Curmer est un infatigable chercheur. Il y a longtemps qu’il avait trouvé : la publication de son édition de Paul et Virginie de 1838 est une date dans les annales de la typographie. Léon dut moyennement apprécier ce jugement…

    La médaille d’or fut décernée à la cristallerie Baccarat, au facteur de pianos Herz et à deux vignobles bordelais (Château de Rayne-Vigneau et Saint-Émilion). Mais pas à Léon Curmer…

    Une écriture révélatrice.

    Observons maintenant la façon d’écrire de Léon Curmer. Deux choses frappent de prime abord : l’utilisation répétée de & (que les typographes appellent esperluette) au lieu de et ; l’orthographe déroutante de complimens. Or il ne s’agit là ni d’une fantaisie, ni d’une déficience. Ancien clerc de notaire, lecteur infatigable et épistolier assidu, Léon Curmer maîtrise parfaitement le français. Mais il reste fidèle à l’usage qui avait cours lorsqu’il apprit à écrire, quelque 20 ans avant la réforme orthographique de 1835. Jusqu’à cette date, le & (qu’on nommait ète) était considéré comme la vingt-septième lettre de l’alphabet, classée après le Z. Quant au pluriel des mots en -nt, il s’orthographiait encore comme au dix-septième siècle, en élidant le T : par exemple enfans, parens. En pratiquant ces archaïsmes, Léon Curmer appartient au passé. La quasi-totalité de ses contemporains ont adopté depuis longtemps les prescriptions d’une réforme vieille de plus d’un quart de siècle…

    Penchons-nous aussi sur sa graphie. Rapide et régulière, courant légèrement sur le papier, elle présente toutefois quelque chose de contraint, voire de las. La ponctuation est presque absente, l’accentuation parfois négligée… Certaines lettres arborent un tracé hâtif ou crispé. Les deux extrémités de la signature plongent vers le bas. On a l’impression que tenir la plume lui est devenu pénible. Léon Curmer n’a plus que 30 mois à vivre. Sent-il que bientôt ses forces vont décliner puis le trahir ?

    * * *

    D’apparence anodine, ce bref billet me touche. En fixant l’éphémère pour le livrer à la postérité (comme ces portraits photographiques qu’on se faisait alors tirer au Champ-de-Mars), il révèle un Léon Curmer en fin de vie, sans doute déjà atteint des prodromes de la maladie qui l’emportera. Mais ce corps déclinant abrite un esprit toujours en éveil, surtout lorsqu’il s’agit de son métier - disons même de son art. Car c’est précisément pour ce que lui reprochait le jury de 1867 - qui lui dénie même injustement la qualité de libraire - que nous l’aimons aujourd’hui : avoir mis la beauté au service de la pensée.

    En 1857, rédigeant la préface de son Imitation de Jésus-Christ, Léon Curmer évoque sa carrière finissante où l’amour du beau et la recherche de la perfection (l’ont) constamment accompagné.

    Nous ne trouvons rien à ajouter.

    Thierry COUTURE

    0 0


    En 1789,  François Ambroise Didot est  âgé de 59 ans. Il peut se montrer satisfait de sa carrière : sous sa direction l’imprimerie Didot, fondée par son père François, est à l’origine de nombreuses inventions ou innovations en France : l’introduction du papier vélin, inventé par Baskerville, le point typographique, dit point Didot, la presse à un coup, qui permet de doubler les cadences…
    De même, il a publié des collections d’ouvrages, qui témoignent de la reconnaissance obtenue : « la Collection des Classiques français et latins imprimés pour l’éducation du Dauphin », publiée « par ordre du Roi » à partir de 1783, dans les formats in 4°, in-8° et in-18, et également la « Collection d’ouvrages français, en vers et en prose » imprimée « par ordre du Comte d’Artois », qui comptera 64 volumes, à partir de 1780.

    En 1789, donc, François Ambroise se retire et cède la direction de l’entreprise familiale à ses deux fils, Pierre, né en 1761, et Firmin, de trois ans son cadet.
    Pierre et Firmin vont se répartir les rôles : à Pierre l’imprimerie et le travail d’édition, à Firmin le travail de création et de fonderie des caractères.

    En 1789, l’entreprise Didot est proche du pouvoir en place, comme on le voit. Mais la Révolution qui arrive ne va pas lui nuire : l’Etat utilisera ses compétences incontournables pour l’émission des assignats, ce qui confortera la prospérité de l’imprimeur.

    Pierre Didot, « l’aîné », comme il se nomme rapidement, a des ambitions pour l’imprimerie. Il poursuit les Collections prestigieuses de son père, et met rapidement en chantier de nouveaux projets, qui sont bien dans l’air du temps.

    L’époque a changé, depuis quelques années. Les découvertes de Pompéï ont suscité un intérêt, un engouement pour l’Antiquité. La Révolution naissante va conforter cette vogue, par rapprochement avec les Républiques Romaine et Grecques. Les vertus antiques sont magnifiées : l’époque veut des Héros et se cherche des modèles dans les auteurs anciens, mais également dans les grands tragédiens modernes, Racine en tête.

    L’iconographie suit le mouvement : le néo classicisme triomphe, les décors sont antiques, les poses nobles, la douceur et le naturel des peintres et illustrateurs du siècle passé sont abandonnés. Le peintre qui domine à ce moment est Jacques-Louis David, avec des œuvres monumentales, comme « le Serment des Horaces », en 1785, ou le projet pour « le Serment du Jeu de Paume ».

    A partir de 1791, Pierre Didot conçoit une nouvelle Collection ambitieuse. Il s’agira des œuvres d’auteurs antiques et modernes, illustrés par les meilleurs artistes du moment, dans un format monumental : l’in-folio.


    Gravure de Mathieu d’après Girodet, pour Andromaque, de Racine, Acte I, scène II, détail.

    Pour l’illustration de cette Collection, il demande naturellement l’assistance de David. Mais celui-ci n’apparaîtra pas, son nom ne sera jamais cité, peut-être parce que l’illustration n’est pas un genre noble. Sa participation sera pourtant importante : il choisit parmi ces élèves ceux qui participeront au projet, suit attentivement les étapes des réalisations, participe lui-même, en fournissant certains dessins, qu’il fait signer d’un de ses élèves, en retouchant, voire refaisant certaines compositions jugées (par lui) trop faibles, à chaque étape, en écartant certains des artistes qui ne lui plaisent plus.

    Le projet est de longue haleine, en effet Pierre Didot vise la perfection en tous points : correction du texte, correction de la typographie, caractères, illustrations. Son frère Firmin gravera de nouveaux caractères, plusieurs fois, pour ces éditions. David corrigera lui-même les dessins. Tout ceci est très onéreux, et prend beaucoup de temps. Le tirage sera très restreint, suivant l’habitude des Didot, mise en œuvre notamment sur la Collection du Dauphin.

    Le premier auteur publié sera Virgile, en latin, publié seulement en 1798. Il s’agit de : Publius Virgilius Maro. Bucolica, Georgica, et Aeneis. Parisiis, in Aedibus Palatinis, 1798, Reip. VI., Excudebam etrus Didot, natu major (Paris, Imprimé au Louvre par P. Didot Aîné, 1798, An VI de la République), illustré par 23 estampes d’après les desseins de Gérard et  Girodet, peintres. Le tirage est limité à 250 exemplaires, signés et numérotés à la main par Pierre Didot, en dernière page. Le prix est de 900 francs pour les cent premiers exemplaires, gravures avant la lettre, et de 600 francs pour les cent cinquante exemplaires suivants, avec les gravures avec la lettre. Ce livre ne contient « aucune faute typographique, si ce n’est un J dont le point manque » (Auguste Vitu).

    600 francs : cette somme est considérable pour l’époque, l’équivalent de deux années de salaire d’un ouvrier, de plusieurs mois pour un officier.

    L’adresse porte : « imprimé au Louvre ». En effet, l’année précédente, le ministre de l’Intérieur, François de Neufchateau, pour encourager Pierre Didot dans cette entreprise, lui a permis de s’installer dans les locaux libérés par l’Imprimerie royale. Cette adresse donnera son nom à cette Collection. Un premier ouvrage a paru cette année-là, portant cette adresse : les Amours de Psyché et Cupidon, suivies d’Adonis, poème, format in-4°, « orné de gravures d’après les desseins de Gérard, peintre ». Il semble bien que certains de ces dessins puissent être attribués à David, toujours dans l’ombre.

    La publication du Virgile donna lieu à une présentation lors d’une séance à l’Institut, auquel deux exemplaires « tirés à part » furent offerts, et à un rapport, le 5 ventôse an VI, par Armand-Gaston Camus :
    « Le Virgile est d’un caractère plus pur que tout ce que nous avons vu. On croirait impossible d’imaginer mieux, si Didot lui-même n’annonçait qu’il espère faire un pas au-delà dans l’édition du Racine qu’il projette ».

    L’année suivante, 1799, voit la parution du second ouvrage de la Collection : les œuvres d’Horace, toujours en latin : Quintus Horatius Flaccus, Opera omnia, Parisiis, in aedibus Paltinis scientiarum et artium ; excudebat Petrus Didot natu major, un volume in-folio, orné de 12 vignettes d’après les dessins de Percier. Le tirage est également de deux cent cinquante exemplaires, dont les cent premiers ont les gravures avant la lettre. Deux exemplaires sur sont été imprimés sur peau de vélin. L’un d’eux, avec les dessins de Percier, provenant de la bibliothèque de Junot, a été adjugé 83650 Livres frais compris par Christies le 13 juin 2002 à Londres.

    La collection sera poursuivie par lesŒuvres de Racine, en 1801, puis les Fables de La Fontaine, qui paraîtront en 1802, en deux tomes, illustrées de douze vignettes d’après les dessins de Percier, ferment la marche. Didot quittera le Louvre en 1805.


    Légende : Racine, frontispice, gravure avec la lettre.

    Voici l’annonce du Racine dans l’Annuaire de la librairie :

    « Œuvres de Jean Racine, imprimées sur pap. Vélin, à 250 exemplaires, numérotés et signés, et ornés de 57 Estampes. Trois volumes grand in-fol., divisés en trois livraisons. – De l’Imprimerie de Pierre Didot l’aîné. – 1ere Livraison, composée du 1er volume, dédié au Premier Consul Bonaparte, portant pour titre :

    Oeuvres de Jean Racine. Tome premier. – A Paris, de l’Imprimerie de Pierre Didot l’aîné, au Palais National des Sciences et des Arts. An IX ; M.DCCCI.

    Volume grand in-fol., de VIII pag. (titre et faux-titre, dédicace et avis de l’imprimeur au lecteur), et de 467 pag. de texte ; orné de 24 estampes, dont une servant de frontispice, 5 pour la Thébaïde, 5 pour Alexandre, 5 pour Andromaque, 3 pour les Plaideurs, et 5 pour Britannicus ; même suite des pièces contenues dans ce volume.

    Chacune des pièces offrira une estampe par chaque acte ; ce qui fera monter la totalité à cinquante-sept, en y comprenant le frontispice. Les Dessins de chaque pièce sont tous de la composition d’un même Auteur ; de sorte que l’ensemble de l’ouvrage produira, sans bizarrerie, une variété piquante. Ainsi, pour le Tom. 1er, la Thébaïde a été composée en son entier par Moitte, sculpteur ; Alexandre, par Gérard, peintre ; Andromaque, par Girodet, peintre ; Britannicus, par Chaudet, sculpteur ; les Plaideurs par Taunay, peintre.

    Pour le Tom. 2d : Bérénice, par Sérangeli ; Bajazet, par Gérard ; Mithridate, par Peyron ; Iphigénie, par Gérard ; Phèdre, par Girodet, peintre.

    Pour le 3e Vol. les Dessins d’Esther et d’Athalie sont de la composition de Chaudet, sculpteur.

    A l’égard des caractères, gravés par Firmin Didot, ils ont encore quelque supériorité sur ceux employés dans le Virgile et l’Horace, in-fol. déjà publiés, qui forment les 2 premiers vol. de cette Collection.

    Le papier de la fabrique de Montgolfier d’Annonai, a plus d’éclat que celui du Virgile et de l’Horace.

    La 1ere Livraison, composée du 1er vol. a été mise en vente vers la fin de l’an 9 ; la IIe, composée du 3e vol., paroîtra six mois après la première ; et la IIIe et dernière, composée du 2d vol., six mois environ après la seconde.

    On paie la totalité de l’Ouvrage, en recevant la 1ere Livraison ou le 1ervol. ; et le prix est de 1200 fr. pour l’exemplaire avec figures après la lettre, et de 1800 fr. avec figures avant la lettre, dont on a tiré 100 exemplaires. On remet aux Souscripteurs un bon pour retirer les deux autres Livraisons à mesure qu’elles paroîtront, sans qu’ils aient rien à payer de plus.

    A la publication de la IIe Livraison ou du 3e vol., l’exemplaire avec figures après la lettre sera irrévocablement fixé à 1500 fr., et à 2250 fr. avec figures avant la lettre.

    Lors de la 3e et dernière Livraison, ou à la publication du 2d vol., l’exemplaire sera de 1800 fr. avec figures après la lettre, et de 2700 fr. avec figures avant la lettre. »


    Trois volumes in-folio dont le prix peut atteindre 2700 francs ! C’est le traitement annuel d’un officier, plusieurs années de revenus de la plus grande partie de la population !


    Légende : Page de titre.

    Cette édition des Œuvres de Racine présente bien sûr toutes les pièces de théâtre, par ordre chronologique, qui forment les deux premiers tomes. Le troisième tome renferme les deux pièces chrétiennes : Esther et Athalie,  auxquelles sont joints d’autres écrits (« œuvres diverses en vers et en prose ») :
    -          la Nymphe de la Seine à la reine, ode ;
    -          le Renommée aux Muses ;
    -          Idylle sur la Paix ;
    -          Epigrammes ;
    -          Hymnes traduites du Bréviaire romain ;
    -          Cantiques spirituels ;
    -          Plan du premier acte d’Iphigénie en Tauride ;
    -          Premiere lettre à l’auteur des Hérésies imaginaires et des deux Visionnaires ;
    -          Seconde lettre en réponse à celles de MM. Dubois et Barbier d’Aucourt ;
    -          Discours prononcé à l’Académie françoise, à la réception de M. l’abbé Colbert ;
    -          Discours prononcé à l’Académie françoise, à la réception de MM. T. Corneille et Bergeret ;
    -          Extrait du Traité de Lucien, intitulé : Comment il faut écrire l’Histoire ;
    -          Fragments historiques ;
    -          Réflexions pieuses sur quelques passages de l’Écriture-Sainte ;

    -          Ouvrages attribués à M. Racine :

    -          Discours prononcé à la tête du Clergé, par M. l’abbé Colbert, coadjuteur de Rouen ;
    -          Relation de ce qui s’est passé au siege de Namur.

    Il ne s’agit donc pas des Œuvres complètes de Racine, il manque notamment l’Abrégé de l’Histoire de Port-Royal. Ce n’est pas une édition savante : le texte est présenté avec les préfaces de l’auteur, mais sans notes ni texte de présentation.

    On note dans cette liste une apparente faute d’orthographe, qui pourrait choquer dans un ouvrage d’une telle ambition : « Premiere » est écrit sans accent grave. Mais c’est volontaire : Pierre Didot a la volonté de réformer l’orthographe, et met ses idées en application. De ce fait, dans cet ouvrage ne figure aucun accent grave… Ses réflexions sur le sujet déboucheront quelques années plus tard sur la création d’un nouvel accent, l’accent « moyen », intermédiaire entre l’accent grave et l’accent aigu, symbolisé par un trait vertical. Mais cette innovation n’aura pas de postérité.

    Ici, Firmin Didot, qui a gravé les caractères, a poussé la recherche de la perfection à son terme. « Lorsqu’on regarde une page composée en Didot, le gris typographique exprime une sorte de légèreté, de simplicité qui lui est bien particulière. Cela tient à ce que chaque lettre possède, par elle-même, ses qualités. Elle le doit à l’excellence du rapport entre les pleins et les déliés, à l’exacte verticalité des fûts, à l’exacte horizontalité des empattements et aux prolongements horizontaux donnés aux attaques. » (Yves Perrousseaux, Histoire de l’écriture typographique).


    Légende : extrait de « l’imprimeur au lecteur ».


    Légende : exemple de la typographie. Extrait de la « seconde lettre … »

    Avec ce projet démesuré, Pierre Didot frappe les esprits. Les promesses de parution ne seront d’ailleurs pas tenues : la dernière livraison sera effectuée en 1805. Mais ce petit souci n’a pas d’influence sur la réception de l’ouvrage. A l’exposition nationale de 1806, il est proclamé « la plus parfaite production typographique de tous les pays et de tous les âges », jugement confirmé par le jury de l’Exposition universelle de Londres en 1851.

    Pierre Didot n’a rien ménagé pour s’assurer le succès. Publié peu après la Paix de Lunéville, le 20 pluviôse an IX (9 février 1801), qui doit apporter enfin la paix en France, l’ouvrage est dédié au général Bonaparte, Premier Consul, auquel Pierre Didot s’adresse directement :


    Précurseur de la paix, que l'on doit à tes armes,

    ce fruit des arts naquit dans le sein des alarmes :

    si, digne de Racine, il l'est encor de toi,

    quelqu'un de vos lauriers s'abaissera sur moi.

    de vos noms réunis, Enfant de la Victoire,

    La France avec orgueil contemplera la gloire:

    Ses destins sont remplis; le favori de Mars

    Dépose ses lauriers dans le temple des Arts.

    Oui, préside aux travaux, anime l'industrie;

    Fais d'un nouvel éclat rayonner ma patrie;

    Et puissent tes exploits, qu'admire l'univers,

    Etre un jour consacrés par d'aussi nobles vers !


    Habilement, il s’associe au Héros du jour, Bonaparte, et à l’auteur célébré, Racine.

    L’avis de l’imprimeur au lecteur lui permet ensuite d’exalter son travail. Il met en avant les grands mérites des artistes, qui ont fourni les dessins « commencés l’an 1er de la république » (soit huit années plus tôt !), celui de son frère Firmin, qui a gravé et fondu les caractères, spécialement pour cette édition, celui du citoyen Montgolfier, dont la fabrique fournit le papier,  celui des typographes, et le sien propre :

    Si, au milieu des secousses inséparables d'une révolution, et toujours affligeantes pour les arts, j'ai pu amener à une heureuse fin l'ensemble de cette édition remarquable, il ne m'a fallu rien moins qu'une constance inaltérable et un désintéressement total, joints au désir ardent d'élever à la gloire de Racine un monument typographique qui devînt pour ainsi dire national. Elle paroit enfin sous les plus heureux auspices, accueillie par la paix, et décorée du nom immortel du héros qui en a agréé l'hommage.


    Elever un monument : Pierre Didot y est parvenu. 3 volumes in-folio, d’un poids de 21 kilos, ornés de 57 gravures hors-texte (seul le Théâtre est illustré, d’une planche par acte), d’un style néo-classique affirmé, exaltant l’héroïsme des personnages, fournis par les artistes du moment, élèves de David : Taunay, Girodet, Gérard, Serangeli. Prudhon en a dessiné le frontispice. La présence de sculpteurs parmi les dessinateurs retenus pourrait surprendre : mais pour être un bon sculpteur, il faut bien sûr maîtriser le dessin.


    Légende : Gravure de Massard d’après Girodet, pour Phèdre, Acte V, scène VII, gravure avec la lettre. Vente Binoche du 11 novembre 2012.

    Cet ensemble de gravures constitue l’apogée du néo-classicisme. On exalte les vertus héroïques, les pauses, théâtrales par nature, sont exacerbées, le ton est sérieux. L’époque n’est pas à la grâce ni à la nonchalance… La délicatesse et la joie de vivre présentes dans les belles vignettes du XVIIIe siècle sont loin !
    Une seule pièce de Racine permet de s’échapper un peu de cette atmosphère martiale, sa seule comédie : Les Plaideurs, qui sera illustré par Taunay.
    Ce genre évoluera très vite, et les pauses outrées persisteront, mais au service de l’expression des sentiments : le romantisme n’est pas loin.

    Les dessinateurs choisis par David et Pierre Didot sont homogènes :

    Jean-François Pierre Peyron (1744-1814), peintre, élève de Lagrenée, illustre Mithridate (tome 2), soit 5 dessins.


    Légende : gravure de Langlois d’après Peyron, Mithridate, acte V scène II.

    Jean-Guillaume Moitte(1746-1810), sculpteur, élève de Pigalle et Lemoyne, illustre la Thébaïde (tome 1), soit 5 dessins.


    Légende : gravure de Blot d’après Moitte, la Thébaïde, acte V scène VI.


    Nicolas-Antoine Taunay (1755-1830), peintre, élève de David, illustre Les Plaideurs (tome 1), et fournit donc seulement 3 dessins.


    Légende : gravure de Duval d’après Taunay, Les Plaideurs, acte II, scène IV, gravure avec la lettre.

    Pierre Paul Prudhon(1758-1823), peintre, concurrent de David, dessine le frontispice.


    Légende : gravure de Marais, d’après Prud’hon, frontispice, gravure avant la lettre.

    Gioacchino Serangeli(1758-1852), peintre italien, venu à Paris en 1790, élève de David, illustre Bérénice (tome 2), soit 5 dessins.


    Légende : gravure de Massard d’après Serangeli, Bérénice, acte III scène III.

    Antoine-Denis Chaudet(1763-1810), sculpteur, Prix de Rome en 1784, membre de l'Académie de peinture et de sculpture en 1789, illustre Britannicus (tome1), Esther et Athalie (tome 3), et fournit donc 13 dessins.


     

    Légende : gravure de Girardet d’après Chaudet, Athalie, acte V scène VII.



    Légende : gravure de Coiny d’après Chaudet, Esther, Acte III, scène IV.



    Légende : gravure de Glairon-Mondet d’après Chaudet, Britannicus, acte I scène III.


    Anne-Louis Girodet, plus tard Girodet-Trioson, du nom de son père adoptif, (1767-1824), peintre, élève de David, illustre Andromaque (tome 1) et Phèdre (tome 2), soit 10 dessins.

    François Pascal Simon Gérard (1770-1837), (créé baron en 1819) peintre, élève de David, illustre Alexandre (tome 1), Bajazet et Iphigénie (tome 2), soit 15 dessins.


    Légende : gravure de Le Villain d’après Gérard, Alexandre, acte II scène II.



    Légende : gravure de Fischer d’après Gérard, Bajazet, acte V scène XI.



    Légende : gravure de Girardet et Massard d’après Gérard, Iphigénie, Acte 1 scène IV.

    Ce sont tous des artistes académiques, au métier classique, la plupart ont séjourné à l’académie de Rome, et sont membres de l’Académie de peinture. On note que les plus jeunes (Gérard a 31 ans, Girodet  34 ans) sont également ceux qui ont le plus été sollicités, et à qui on a confié les pièces les plus importantes : Andromaque, Phèdre, par exemple.


    Légende : gravure de Girardet d’après Girodet, pour Andromaque, Acte IV, scène V, détail.

    Les planches existent en deux états : avant la lettre et avec la lettre. Pour le frontispice, cela concerne le texte du cartouche. Pour les gravures suivantes, cela cache un petit piège : les gravures « avant la lettre » comportent une partie du texte : le nom de la pièce, l’acte et la scène. Le texte omis correspond au dialogue illustré.

    Des réductions des planches seront utilisées pour des éditions moins onéreuses, de format réduit, notamment une édition en 3 volumes in-8°, publiée en 1816. Ces réductions « sont moins estimées ».

    Matériellement, l’ouvrage se présente ainsi :
    -          Tome 1 :  [4] ff., 466-[2] pp.,  avec le faux-titre, le frontispice, la page de titre, la dédicace au Premier Consul, la page de « L’imprimeur au lecteur », puis les 5 premières pièces de théâtre : la Thébaïde, Alexandre, Andromaque, les Plaideurs, Britannicus, puis la page de justification, au verso du sommaire. Le tome contient, outre le frontispice, 23 gravures (une par acte, soit 3 pour les Plaideurs et 5 pour les autres pièces).
    -          Tome 2 : [4]-500-[2] pp., avec les 4 pièces de théâtre suivantes : Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre. Le tome contient 25 gravures (une par acte, soit 5 par pièce de théâtre).
    -          Tome 3 : [4]-416 pp, avec les deux dernières pièces : Esther et Athalie, suivies des autres écrits de Racine. Le tome contient 8 gravures (3 pour Esther et 5 pour Athalie, toutes d’après les dessins de Chaudet.
    C’est un format in-folio, avec deux feuilles par cahier, de 51 cm x 37 cm environ, d’un poids total de 21 kilos.

    Le tirage annoncé est de 250 exemplaires numérotés et signés. A ces exemplaires il faut rajouter l’exemplaire de Firmin Didot, sur peau de vélin, qui contient, outre les gravures avant la lettre, tous les dessins. Firmin Didot tentera de le vendre 32000 francs en 1811. Après un passage en Angleterre, il reviendra en France (à la Bibliothèque Nationale).
    A ces 251 exemplaires, il faut ajouter quelques exemplaires non numérotés mais marqués « exemplaire unique » : pour l’Institut, la bibliothèque Mazarine,  la Bibliothèque nationale. Il s’agit sans doute d’une sorte de dépôt légal.

    L’ouvrage servira de cadeau officiel, comme notamment l’exemplaire offert en 1806 à Charles-Louis de Vincent,  relié aux armes de l’Empereur, vendu 62000 euros le 7 décembre 2008 par Osenat. Il est relié par Bradel en plein maroquin à long grain cerise, avec doublures et gardes de soie bleu ciel.

    L’ouvrage était semble-t-il fourni en cartonnage de papier vélin, avec gardes de soie bleue. Mais ce livre au prix pour le moins élevé s’écoulera difficilement. Il semble que les exemplaires non vendus n’aient pas été numérotés ni signés. Les planches correspondantes ont pu être vendues à part, à des marchands qui les ont vendues au détail.

    Des exemplaires encore en magasin ont ensuite été vendus, avec ou sans les planches correspondantes. Ces exemplaires n’ont pas été numérotés ni signés.
    Plus tard, vers 1825-1830, des retirages des planches ont été effectués, ce qui a permis de réassortir des volumes de texte seul.

    Dans certains cas, il a été apposé, sur certains de ces exemplaires, une signature et une numérotation apocryphes.


    Signature (certainement exacte) de l’exemplaire en vente à la librairie Moby’s newt.

    Nous trouvons donc actuellement de nombreuses configurations.

    Certains exemplaires sont reliés en maroquin rouge, aux armes de l’empereur, avec gardes de soie bleue. Ils font partie des cent premiers exemplaires, avec les planches avant la lettre. Il s’agit certainement de cadeaux officiels, comme l’exemplaire Vincent, ou l’exemplaire du Roi d’Espagne, à la Bibliotheca Real de Madrid, ou encore l’exemplaire passé en vente le 6 décembre 2006 chez Sotheby’s, adjugé 62400 euros.


    Légende : exemplaire Sotheby’s, le 6 décembre 2006.

    Des exemplaires en reliure le plus souvent d’époque, signés et numérotés, avec les gravures dans l’état correspondant à la numérotation. Cette dernière permet dans certains cas de suivre les exemplaires : celui de la Bédoyère, numéroté 61, en demi-reliure de Thouvenin, se trouve maintenant à la Morgan Library.

    Il existe un exemplaire avec les gravures avant la lettre et avec les gravures avec la lettre. Il est dans une reliure de Canape datée de 1912, sans les gardes de soie bleue. Cet exemplaire, qui pourrait être un exemplaire normal dans lequel un retirage des gravures aurait été inséré postérieurement, est en vente à la librairie Moby’s newt de New York.

    Des exemplaires sans numérotation, avec les gravures le plus souvent avec la lettre, et le frontispice avant la lettre. Ces exemplaires sont généralement recouverts d’une reliure plus récente (fin XIXe). D’origine moins noble que les précédents, ils sont moins cotés, comme l’exemplaire vendu le 28 mai 2009 par Alde, en demi-vélin à coins, adjugé 2200 euros.

    Des séries de gravures seules, avec la lettre, et le frontispice avant la lettre, comme par exemple le lot vendu le 9 novembre 2012 chez Binoche et Giquello, adjugé 600 euros.

    Comme on le voit, l’écart de prix entre le « courant » et l’exceptionnel est important : un rapport de 1 à 100... mais même en modeste condition, tenir un exemplaire de cette édition, c’est saisir un moment de l’histoire de la bibliophilie : l’édition du Louvre !

    Bonne soirée,
    Calamar

    0 0


    Bibliomane ou Bibliophile,
    dessin à la plume par Albert Robida.


    Je vous laisse découvrir pour quel ouvrage le truculent dessinateur et tailleur d'imaiges Albert Robida a bien pu faire ce dessin à la plume.

    Que pourrais-je vous dire pour vous mettre sur la voie ? ... Qu'il a été fait un tirage de luxe à 25 exemplaires et un autre à 12 exemplaires seulement, tirages que personnellement je n'ai jamais croisé nulle part (et pourtant j'ai longtemps cherché). Que ce livre ne cite en aucun endroit, en aucun même minime recoin de page le nom d'Octave Uzanne ... et pourtant il y aurait bien mérité sa place en grand ... ainsi va la vie qui n'est pas à une injustice près.

    Alors ? Si vous savez envoyez moi un mail ou poster en commentaire (mais si vous savez de suite, laissez un peu les autres chercher ...)

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne


    0 0



    Cliquez sur la carte ci-dessus ou bien allez sur



    La France des écrivains
    vous est proposée par la librairie Ivres de Livres.
    29, rue Wimpheling 67000 Strasbourg www.ivres-de-livres.fr

    La France des écrivains regroupe des textes relevant du domaine public, ou publiés au titre de l'article 122-5 du Code de la Propriété Intellectuelle, autorisant de courtes citations à caractère pédagogique.

    Contribuez à enrichir La France des écrivains en proposant des textes. Pour cela, cliquez sur le lien "je participe", à droite du menu, ou envoyez nous des photocopies à notre adresse.


    Belle idée non !?

    Bonne soirée,
    Bertrand Bibliomane moderne

    0 0

    Petit exercice de début d'année, se pencher sur les comptes publiés Drouot Enchères, Premier lieu de vente aux enchères en France, point de mire du marché de l'art en France.

    L'an passé nous avions fait la synthèse des derniers bilans entre 2008 et 2011. Vous pouvez lire ou reliure ICI.


    Copie d'écran du site Drouot.com
    (publication publique accessible à tous)


    Voici les chiffres pour l'année écoulée 2012 suivi du texte de présentation par M. Georges Delettrez, Président de Drouot Patrimoine.


    « En 2012, l’activité des ventes aux enchères a été marquée par un contexte concurrentiel particulièrement vif, dans lequel Drouot a tenu sa position de première place de marché pour les enchères en France, en dépit d’un tassement de son produit adjugé de 10,8 %.

    13 enchères ont dépassé 1 million €, cumulant un résultat de près de 30 millions €.
    En 2011, le même nombre d’enchères supérieures à 1 million € avait été prononcé pour un montant de 25,5 millions €.

    Cette progression des adjudications les plus élevées et la dispersion de collections au pedigree prestigieux démontrent une nouvelle fois l’attractivité de Drouot, le dynamisme de ses opérateurs et son positionnement solide sur le créneau des pièces d’exception.

    C’est à Drouot qu’a été prononcée la deuxième plus haute enchère de l’année en France, à 7 800 000 € pour un album impérial de la dynastie Qing, adjugé en juin et qui a caracolé en tête du palmarès jusqu’au 19 décembre.

    36 records mondiaux ont scandé la programmation de l’Hôtel Drouot en 2012.

    Les plus significatifs concernent des perles du classicisme européen, que ce soit la grande sculpture française qui s’est distinguée grâce à un buste de Bouchardon, préempté par le musée du Louvre, ou la virtuosité picturale flamande au travers d’œuvres d’Hendrick van Balen ou Pieter Huys. 

    10 records français ont également été enregistrés ; ils ont plus particulièrement récompensé des artistes français et américains de la seconde moitié du XXe siècle : Yves Klein, James Rosenquist, John Baldessari.

    Les arts d’Asie ont à nouveau dominé les enchères cette année, avec plus de quatre résultats millionnaires, qui ont honoré des pièces exceptionnelles, toujours très recherchées. 

    Les collectionneurs internationaux ont également manifesté un intérêt soutenu sur des œuvres hautement qualitatives : au chapitre des antiquités égyptiennes, un remarquable chaouabti de la tombe de Séthi Ier ;  en peinture ancienne, les minutieuses compositions de Ambrosius Bosschaert ou du Maître de la Nature Morte de Hartford ; en mobilier classique, une paire de cabinets par André Charles Boulle ; dans le registre moderne, un paysage impressionniste d’Alfred Sisley ou des compositions oniriques de Marc Chagall ; en haute joaillerie, une bague Cartier ornée d’un remarquable diamant de plus de 13 carats…

    En 2012, le dynamisme de Drouot s’est également concentré sur le développement des services multimédia, particulièrement DrouotLive. Afin d’ouvrir toujours plus largement sa programmation unique et variée et satisfaire les exigences de sa clientèle internationale, Drouot offre aux amateurs, depuis le 1er octobre, l’opportunité d’enchérir en direct dans l’intégralité de ses vacations cataloguées, qui représentent 800 rendez-vous annuels en moyenne.

    Comparé à l’année 2011, le montant des adjudications via DrouotLive a enregistré une croissance de plus de 300 %, le nombre d’internautes inscrits sur la plateforme a pratiquement doublé et les visites ont progressé de 145 %.

    Ces excellents résultats confortent Drouot dans l’orientation de sa politique numérique, qui se poursuivra activement en 2013, axée sur une offre toujours plus significative et des services alliant transparence, performance et facilité. »
    Georges DELETTREZ
    Président de Drouot PATRIMOINE

older | 1 | (Page 2) | 3 | 4 | .... | 14 | newer